09 avril 2012

Chat perché.

 bubsy

Bubsy - in Fractured Furry Tales 

1994 - Atari (développé par Imagitec Design)

Plates-formes

Chat s'en va et chat revient 

Après des passages remarqués sur 16-bit, Bubsy est de retour dans un épisode exclusif pour la Jaguar. Le voilà perdu au beau milieu de contes de fée embrouillés, avec pour mission de remettre de l'ordre dans tout ça. Au menu : Alice au pays des merveilles, Jack et le haricot magique, les contes des Milles et une nuits, 20.000 lieux sous les mers et la maison des sucreries d'Hansel et Gretel...

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Reprenant une formule déjà éprouvée, et appréciée, à la sauce piment rouge, cet épisode a eu le don de diviser les foules en deux camps : ceux qui l'ont détesté jusqu'à la rage et ceux qui l'aiment à la folie et plus encore... 

Chat va pas la tête !

Pour tout avouer, ce Bubsy, je l'ai eu en horreur pendant de longues années. Un jeu tellement difficile qu'il a fonctionné sur moi comme un repulsif pour chat.

On retrouve pourtant ce qui faisait le charme des épisodes 16-bit (Bubsy in: Claws Encounters of the Furred Kind et Bubsy II) : un univers barré, vaste et labyrinthique, des ennemis délirants et un Bubsy au sourire ravageur avec des mimiques bien cartoons. Le jeu est coloré et très fin et les animations sont tordantes (surtout les morts de Bubsy). Mais alors pourquoi tant de haine ? Pourquoi ce premier niveau à rendre neurasthénique n'importe quel joueur ?

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L'équation est simple, Bubsy meurt dés qu'il se fait toucher et comme il y a un ennemi mobile ou imprévisible tous les dix mètres, on peut mourir toutes les dix secondes. La difficulté provient aussi du fait que Bubsy fonce à toute berzingue et qu'il faut constamment le freiner. Avec ses glissades, son inertie particulière, ses sauts qu'on jugera approximatifs, on trouvera le jeu injouable.

Dés le tout 1er niveau (et il y en a 15 !), on s'en prend à la manette, on hurle, on s'arrache les cheveux. On peste sur la jouabilité, sur les ennemis trop nombreux, lesquels apparaissent sans qu'on puisse réagir.

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Si au fil des parties, on s'habitue un poil à l'inertie de l'animal, il subsiste trop d'approximations au niveau des collisions des sprites pour ne pas subir la douche froide des morts injustes... Et on se trouve une excuse pour ne plus jouer à ce Bubsy, n'importe laquelle, maudissant au passage les programmeurs de nous faire tant souffrir...

J'ai longtemps classé ce jeu au rayon des jeux pas aimables, pas sympas, pas cools du tout... Puis un de ces quatre matins, j'ai essayé d'y jouer (avec une tasse de thé et une bonne pipe en bois), de comprendre la mécanique du jeu, de m'y mettre sérieusement... Bref, de lui laisser une toute dernière chance...

Un vol plané de Chat 

L'erreur qu'on commet lorsqu'on joue pour la première fois à ce Bubsy est d'y jouer comme dans un Sonic. Or foncer ne sert qu'à mourir plus vite. Le véritable but du jeu est de nettoyer avec méthode et d'explorer avec patience les niveaux... De trouver des interrupteurs pour ouvrir des passages, d'aborder et de tuer un à un les ennemis aux comportements bien distincts. De progresser petit à petit.

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Jouer à Bubsy peut vite se révéler passionant... Comme dans les premiers épisodes, un bouton sert pour le grand saut et un autre pour planer. On peut sauter pour applatir les ennemis mais il vaut mieux planer car Bubsy peut toucher les ennemis de front sans crainte. Ensuite le vole plané permet de négocier au mieux un saut. Bref, bien jouer à Bubsy consiste à bien planer. 

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Ne négligez pas non plus le bouton C, qui permet, une fois arrêté, de regarder plus loin en déplaçant l'écran à droite, à gauche ou en haut et d'éviter de se faire surprendre par les ennemis. Lorsqu'on découvre les niveaux et qu'on ne connaît pas les emplacements des bêbêtes (les plus mortelles surtout comme les guêpes kamikazes ou les serpents qui lancent des projectiles), ce bouton se révèle très utile.

In Fine, le chat retombe sur ses pattes

Le jeu est bien plus fin qu'il en a l'air. Le level design (du style labyrinthique) se révèle des plus habiles, semant de-çi de-là des petites variations qui modifient notre approche du niveau. Les objets encombrants d'une table dans les premiers chapitres, les hauteurs vertigineuses des plantes grimpantes dans le second monde, les tentes trampolines du désert dans les contes orientaux, les passages étroits dans les sous-marins dans le monde aquatique...

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Sachez aussi que la difficulté, si décriée, ne progresse pas après le premier niveau. Les quinze niveaux sont tous très durs, certains plus durs que d'autres, d'autres plus faciles. Si vous passez le premier niveau, vous n'aurez pas spécialement plus de problèmes à finir les autres, donc ne vous découragez pas !

Alors, oui, certes, les boss, surtout le tout premier (le fameux chapelier fou), sont terribles mais une fois battus, à nous un nouvel univers bien cool et la joie de découvrir un nouveau bestiaire !

Ensuite, le jeu ne bloque pas le joueur dans sa progression, comme c'est le cas de jeux qui paraissent plus faciles et qui n'offrent pourtant aucun continu. On a 9 vies (les neuf vies d'un chat), des checkpoints tout le long des niveaux et surtout des passwords que l'on gagne à chaque fin de niveau... et qui, ma foi, changent tout !

C'est bien connu sur Jaguar, Bubsy est le mal aimé de la plate-forme. Il n'empêche que les plus persévérants connaîtront la véritable valeur de ce jeu, challenge dantesque aussi agaçant qu'attachant. Difficile mais pas impossible et surtout, amusant car diablement stimulant !

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la fiche du jeu sur AtariAge: http://www.atariage.com/software_page.html?SoftwareLabelID=1070

Posté par le barbu à 00:02 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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