06 septembre 2018

Dans le temple mystérieux du circuit imprimé...

Jeff Minter Classics

Jeff Minter Classics

2017 - AtariAge (développé par Llamasoft)

Shoot them up

YAK, YAK, YAK !!!

Alors que l'incroyable Tempest 4000 vient de sortir sur les nouvelles consoles, signant comme au bon vieux temps de la Jaguar une alliance (inespérée) entre Jeff Minter et Atari, il est temps pour moi de vous parler de la compilation que nous a concocté AtariAge l'année dernière.

Cette compilation regroupe deux jeux (trois si on débloque Grid Runner avec un code secret); des productions emblématique made in Llamasoft, la société du plus hippie des programmeurs, j'ai nommé Jeff Minter aka le YAK aka Dieu pour les Ataristes de tous crins. 

Jeff Minter Classics1

Revenge Of The Mutant Camels (version Atari ST) et Llamatron: 2112  nous sont donc proposés sur une seule cartouche dans une somptueuse boîte. La double couverture est magnifiquement illustrée d'un dromadaire pour la face A, et d'un lama pour la face B (deux des ruminants préférés du YAK). Tous deux sont à l'entrée d'un mystérieux temple pavé des motifs d'un circuit imprimé... Cerise sur le chabichou, le manuel en papier glacé est en couleur et nous avons droit à un poster. Packaging is perfect !

Le dromadaire qui fume une Camel 

Pour parler du premier jeu, Revenge Of The Mutant Camels, fermez les yeux, détendez-vous et imaginez un dromadaire dans un désert bleu. Il croise des cabines de téléphones anglaises. Au fond, en guise de paysage, il y a des Lynx et des Game Boy géantes. Le dromadaire est armé et tire des boulettes sur tout ce qui bouge.

Et tout ce qui bouge, ça peut être des kangourous surfers, des moutons tueurs, des MIG-29, des vaisseaux de Star Trek, des téléphones roses, des fantômes de Pac-man, des nuages qui font pleuvoir des têtes de chiens et j'en passe et des meilleurs... 

Jaguar_JeffMinterClassics2

Vous pouvez ouvrir les yeux... Derrière cette blague, la patte du fameux chevelu qui signera toute sa carrière une lampée de jeux barrés. Le délire se traduit donc par la myriade de choses qui envahissent l'écran : des items à gogo aux ennemis en passant par les tirs de toutes parts, phonogrammes et cascades de points. Les bruitages de chèvres et digits vocaux troublants sont également de la fête.

Le maniement est étrange : le dromadaire tire sans discontinuer, les flèches permettent de déplacer l'animal à bosse tout en variant la direction du tir. On peut se mélanger les pinceaux au début, notamment lorsqu'on prend un malus qui inverse les commandes ou lorsqu'il s'agit de tirer vers le haut sans sauter (pour s'interdire de sauter tout en tirant vers le haut, il faudra maintenir un bouton).

Mais comme c'est bien fait, on s'habitue à tout. D'autant qu'on peut choisir de se faire aider par un bouc (un allié surpuissant) pour découvrir les niveaux sans aucun stress. Au final, ce WTF finement débile achève par faire son office d'aspirateur thermonucléaire de neurones. Addiction coupable !

Le Lama Cyberpunk est de sortie !

Pour le second, il s'agit d'un remake de Robotron: 2084, un vieux classique de l'arcade eighties nous mettant au coeur d'une arêne blindée de robots méchants, avec comme arme un tir multi-directionnel.

Llamatron: 2112 remplace les vilains robots à azimuter par des trucs du quotidien, tout aussi menaçants : rouleaux de papier toilette, canettes de coca cola, hamburgers mutants, joysticks énervés, smileys pas contents.

Jeff Minter Classics3

Et notre héros du futur tirant dans tous les coins est désormais un lama. Oui, l'animal au long cou, avec sa tête de porte-bonheur et dont le crachat est légendaire.

Son but : détruire les ennemis, et sauver les autres ruminants qui broutent (style dromadaires ou boucs) au beau milieu de la mêlée.

La bande son reprend à son compte les bips bips du jeu original, tout en les mélangeant à des "meuh" de vaches et "des bêê" de moutons. Oui, oui, on on retrouve bien la pattoune du YAK. Toujours. Il revisite à sa manière le classique de 1982... Mais sans pour autant bouleverser la formule.

Llamatron: 2112 n'est pas une suite améliorant le concept de base, comme a pu l'être par exemple Tempest 2000, mais un pastiche frais, avec des glaçons et une touillette. Le résultat à l'écran est à la fois doucement improbable et très amusant avec une courbe de difficulté aux petits oignons.

L'Easter Egg Ultime

Sachez qu'on peut up-grader la cartouche avec un jeu caché, un des premiers succés du hippie sur ordi 8-bit dans sa version Atari ST : Grid Runner. Pour ça rien de plus simple, il suffit de lancer Revenge of the Mutant Camels et de taper dans les passwords pour accéder à un niveau : "modern day wizardry". Un "Yes" se fera entendre, vous pourrez rallumer la console et constater que l'écran de sélection des jeux a légèrement changé. 

Jeff Minter Classics4

Pour ce qui est de Grid Runner, c'est un cadeau fait à tous les joueurs, un shoot them up plus sobre que les précédents, et peut-être, quelque part plus exigeant coté réflexes. Le jeu se présente sous la forme d'une grille où l'on peut se déplacer partout. Et heureusement d'ailleurs car l'ennemi (de type chenille qui se racourcit ou se divise au contact de notre tir, comme dans Centipede) arrive des quatre coins du niveau : devant, sur les cotés, derrière. Il faut être sacrément vigilent.

Heureusement, on a un module qui tire sans discontinuer et que l'on peut placer n'importe où dans le niveau en mode statique. Parfait pour la défense. On peut également le conserver à la tête de notre vaisseau pour amplifier notre tir.

Grid Runner est un ensemble d'idées novatrices et géniales qui illustrent toute l'ingéniosité de Jeff Minter pour nous sortir du sempiternel shoot, celui où l'on tire sans fin et sans réfléchir, calé en bas de l'écran. Sa difficulté nous oblige à nous adapter sans cesse face à l'adversité, en se repliant dans des coins plus tranquilles ou en concentrant notre tir sur une zone, de la même manière que lorsqu'on joue à Tempest.

Véritable cadeau fait aux amoureux de la Jaguar et aux fans de Jeff Minter (ce sont souvent les mêmes), cette compilation hirsute mérite amplement de faire partie de votre ludothèque.

Elle permet de voir toute la folie qui anime depuis des décénnies le barbu et de mesurer le taux de fun élevé, très élevé et parfaitement intact de ses oeuvres. 

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la fiche du jeu sur AtariAge : https://atariage.com/store/index.php?l=product_detail&p=1109

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le YAK

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11 septembre 2017

Dans le repaire de Smaug...

dragonslair

Dragon's Lair

1995 - ReadySoft

Dessin animé interactif

Ciné magique

Pour libérer sa jolie princesse Daphné des griffes d'un ténébreux dragon, Dirk, un téméraire soldat de la garde, va devoir se perdre dans un sinistre château et passer par une enfilade de salles bourrées de monstres et de pièges... Là, débute les ennuis...

S'il ne brille pas par son histoire, Dragon's Lair a surtout marqué la grande Histoire du jeu vidéo en étant le tout premier dessin animé interactif !

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Avec une pointure de l'animation comme Don Bluth aux commandes (ancien de chez Disney, réalisateur de Fievel et le Nouveau Monde ou d'Anastasia), le jeu d'arcade qui date de 1983 (!) est particulièrement impressionnant pour sa réalisation. On se tient devant un véritable dessin animé, quelque part entre un Disney classieux et un Tex Avery déjanté.

Alors bien entendu, l'interactivité est limité, on n'est pas libre de nos mouvements, tout est scripté. Il s'agit bien d'un film et les séquences d'animation se débloqueront en appuyant sur le bon bouton.

Un D.A dont Vous êtes le Héros

Le jeu a le grand mérite d'être clair dans ses intentions : vous allez mourir jusqu'à plus soif, et ce dans la joie et la bonne humeur. On sent d'ailleurs que les animateurs, bien sadiques, se sont fait plaisir à ce niveau là. Avec sa dégaine un peu gauche de grand duduche, Dirk est le parfait cobaye pour expérimenter toutes les morts cartoons du jeu : se faire cramer, bouffer, étouffer, liquéfier, empaler etc... 

Pour éviter ça, il faudra donc choisir et enchaîner les bonnes actions au bon moment. Et cela se joue parfois à la fraction de seconde près ! 

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On touche là à un point qui peut fâcher le joueur manquant de patience. D'autant qu'il y a certains passages sur lesquels on peut légitimement s'arracher les cheveux, car il est parfois difficile de savoir à quel moment précis enclencher l'action, voire même quelle action il faut faire, faute d'indice.

Dans la Salle des Tortures 

J'ai longtemps considéré ce genre de jeu, et ce jeu en particulier, comme une torture. Une fois les 5 vies passées, j'avais le sentiment qu'il fallait tout recommencer depuis le début, quelque soit son avancée dans le château (ce qui est faux). J'avais rapidement lâché l'affaire. Découragé.

Dragon s lair 1

Or il y a bien des checkpoint toutes les 6 salles environ, et les continues sont infinis. Le jeu est aussi très court, donc si on progresse sur une série de salles, on se rapproche à grands pas de la fin. Le jeu est bien moins punitif qu'il en a l'air, si tout simplement, on accepte son challenge et le fait de mourir cent fois pour faire un pas.

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Ayant compris le "truc" (appuyer sur un seul bouton à la fois, temporiser, bourriner ou laisser appuyer sur le même bouton sur certaines séquences) depuis que j'ai terminé Space Ace, l'autre dessin animé interactif de Don Bluth, mes aprioris se sont tous envolés. La progression dans ces salles bourrées de pièges a quelque chose de très amusant et de très addictif.

J'ai fini le jeu, avec grande joie, après avoir été un temps bloqué à la séquence du damier psychédélique (sur Jaguar CD, c'est la 28ème salle sur les 30 que compte le château) avec des grosses billes de couleurs qui nous roulent dessus. Ce passage, que je nomme "Marble Madness", exige du pur timing... 

"Drink Me"

Cultissime jeu d'arcade ayant intronisé le genre du DA interactif, Dragon's Lair est un véritable classique et il s'apprécie comme tel, comme un excellent vin racé. Le jeu accumule des moments de bravoure dans une ravissante ambiance Héroïc Fantasy, proche de celle que l'on retrouvera trois ans plus tard dans Taram et le Chaudron Magique des studio Disney.

Il y a un grand soin apporté aux décors, susceptibles de s'écrouler à tout moment, et au design des créatures rencontrées, tantôt comiques, tantôt sérieuses. Ces dernières comme le Chevalier Noir inspirent souvent la crainte et le respect. Toute cinématographique, la mise en scène est enlevée et beaucoup de détails humoristiques viennent la ponctuer comme le fameux "Drink Me".

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Cette conversion sur Jaguar CD pixellise un peu, surtout en comparaison de la borne d'arcade ou de celle qui tourne sur Cd-I, mais la qualité de la vidéo en plein écran reste très honorable pour l'époque. A noter qu'il n'y a pas de salles aléatoires comme dans l'original, ce qui amoindrit la difficulté. Seul le sens de l'image change parfois, pour mettre à mal nos petites habitudes. 

Soyez-en averti, les débuts sont très difficiles, et le découragement n'est jamais bien loin. Il faut juste comprendre la mécanique du jeu, prendre le coup.

Une fois passé ce cap, le plaisir de progresser dans ce château infernal est total ! Dragon's Lair est un "Die and Retry" amusant et classieux, avec une réalisation digne de son support.

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la fiche du jeu sur AtariAge : http://atariage.com/software_page.php?SoftwareLabelID=1081

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16 novembre 2015

Flashback In Time

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Flashback - the Quest for Identity

1995 - U.S Gold & Delphine Software (développé par Tiertex)

Aventure Action

Mr. Philip K. Dick présente...

An 2142, sur une planète lointaine dans une galaxie incertaine... Après un crash dans une jungle, Conrad, amnésique, va devoir retrouver un à un ses souvenirs, repartir sur Terre et au final, déjouer un sinistre complot.

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Courir, sauter, s'accrocher à une paroi dans un même mouvement... 

Première chose qui frappe lorsqu'on découvre Flashback, c'est de retrouver la même palette de mouvements que celle du Prince de Perse qui sévissait sur PC à la fin des années 80. Même vélocité, même fluidité. Si Flashback est bien le digne héritier de Prince of Persia, il est aussi et avant tout la suite officieuse d'Another World.

Another World 2

Delphine Software utilise en effet les mêmes procédés techniques que le chef d'oeuvre d'Eric Chahi employait. On retrouve une animation ultra réaliste, grâce au rotoscoping, soit à partir des mouvements filmés d'un acteur, une technique initiée dans Another World. L'animation s'avère d'ailleurs toujours aussi remarquable et agréable à regarder 20 ans après.

Les cinématiques en polygones 2d ponctuent également la joute (prise d'objet, scènes de transition, morts multiples et variées), de la même manière qu'Another World. 

Même succession de tableaux fixes, sans scrolling et même bande son bruitiste économe en musique, il ne fait aucun doute sur la filiation entre les deux jeux. Flashback arrive toutefois à se démarquer par son background futuriste à la Blade Runner, et par une action bien plus musclée aussi.

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Paru initialement sur Megadrive en 1993 et connaissant un succès international, Flashback a été converti sur toutes les consoles de l'époque. Pour cette version Jaguar, le jeu reste quasiment identique aux versions 16-bit. Il y a l'écran-titre qui change, avec un Conrad modélisé en 3d. La cinématique d'intro a gagné en vitesse et en fluidité, elle reste toutefois celle que l'on connaissait déjà. Cartouche oblige, exit celle rutilante en images de synthèse qui sévissait sur les versions 3DO, CD-i et Mega-cd.

Peut-être, pendant le jeu, a-t'on plus de détails, une meilleure résolution, des couleurs plus franches mais cela ne saute pas aux yeux. Pourtant, loin de moi l'envie de faire un procès à cette version Jaguar, quelque soit la machine sur laquelle il tourne, Flashback reste un grand jeu.

the Death Tower Show

Le jeu se présente comme un classique jeu de plates-formes en 2d, mâtiné de gunfights. Le maniement du personnage demande un temps d'adaptation, mais une fois les commandes acquises, il est possible de tout faire et ce dans toutes les positions : courir, faire une roulade, faire des jumps de l'impossible, tirer ou s'accrocher in extremis à une paroi. Et devant les ennemis et les pièges qui sont légions, il faudra user de toutes ces possibilités pour progresser.

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7 niveaux répartis sur différentes planètes avec des vies infinies, ça peut paraître court. Mais le principal challenge est que le jeu nous oblige à finir les niveaux pour pouvoir glaner un mot de passe. Et les niveaux sont longs. Ils distillent des passages plateformesques délicats qui exige un timing parfait. Oui, il y a bien des points de sauvegarde en cours de partie mais ils s'effacent dès que la console est éteinte.

Lorsqu'on meurt des dizaines de fois sur un même piège, le découragement n'est jamais très loin. Du coup, les parties se révèlent longues et intenses, parfois frustrantes. Mais à chaque fois il est très difficile, voire impossible de lâcher la manette à quelques pas de la sortie.

Adventure Time

En plus d'un inventaire à gérer, on a également la possibilité d'interagir et de papoter avec des PNJ, ce qui colore le jeu d'une partie aventure vraiment excellente. D'autant que le scénario est captivant comme celui d'un bon roman SF. On pourra par exemple faire de la télé-réalité dans la Death Tower, show immoral dans lequel le candidat met sa vie en jeu.

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Dans le 2ème niveau, la ville de New Washington offre la possibilité de prendre librement le métro pour changer de zone. Outre des cyborgs et des extra-terrestres, il faudra affronter la terrible armada des fonctionnaires pour avoir des papiers en règle. On pointera aussi régulièrement à l'agence du Pôle Emploi local. Avec son bar malfamé et son centre administratif, cette ville préfigure les mondes ouverts d'aujourd'hui.

Sans l'ombre d'un changement (ou presque) depuis la version Megadrive, on a droit à un excellent jeu au gameplay millimétré, à l'animation toujours aussi marquante et au scénario Sf des plus captivants.

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la fiche du jeu sur AtariAge : https://atariage.com/software_page.php?SoftwareID=2549

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06 août 2014

Total Wormage

worms

Worms

1998 - Telegames (développé par Team 17)

Action Stratégie

Les lombrics attaquent !

Branle-bas de combat, les vers de terre sont en guerre et sortent l'artillerie lourde !

Tout droit sorti de l'imagination d'Andy Davis, Worms est un jeu cultissime, le genre de jeu qui ne paie pas de mine mais dont le concept génial a enthousiasmé des millions de joueurs, sur toute une série de jeux (malgré un délicat passage à la 3d).

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Succès immédiat, Worms eut les honneurs de se retrouver sur toutes les machines de l'époque. Mais il faudra attendre quasiment trois ans après la première version Amiga en 1995, pour voir le jeu, enfin, sortir sur Jaguar. Grâce soit rendue à l'abnégation de l'éditeur Telegames.

Bref, pour tout joueur qui a l'âme d'un collectionneur, Worms est clairement un indispensable sur Jaguar... Et je m'en vais vous expliquer pourquoi ce jeu est si bon.

Les petits cousins d'Earthworm Jim

Avec ses combats au tour par tour typique du jeu d'artillerie, le but du jeu de Worms est on ne peut plus classique : il faut détruire tous les vers ennemis. Mais Worms se démarque du commun des jeux de guerre en étant joyeusement absurde.

En plus de l'incongruité de voir s'affronter de minuscules invertebrés armés jusqu'aux dents, on a tout le barda parodique qui va avec, et qui met vraiment de bonne humeur. Les animations sont par exemple du pur cartoon bien délire. Il n'y a qu'à voir le vers, après une chute, s'enfoncer la tête la première dans le sol et ressortir de là comme un bouchon de bouteille. 

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Certaines armes sont hilarantes comme celles spéciales, disponibles uniquement dans les caisses qui tombent du ciel : le mouton qui gambade gaiement avant d'exploser violemment, et la célèbre et mortelle bombe banane, une bombe à base de multiples bananes explosives ! 

Pour ce qui est de l'arsenal, il n'est pas que délire, il est aussi particulièrement efficace pour faire de la charpie de vers : bazooka, grenade, missile à tête chercheuse, bombes à défragmentation, bombardement aérien... Au corps à corps, en plus de la dynamite, on peut également se prendre pour Ryu de Street Fighter avec des fire punch et des dragonball.

Bombe Banane en vue  

Sur un concept aussi simple de destruction massive, le jeu s'appuie sur des variables qui imposent au joueur de s'adapter sans relâche. Le terrain, les éléments du décor, les mines et la position des vers, tout est généré aléatoirement. Ce qui induit des avantages et des désavantages dès le départ.

Un vers isolé, caché dans des contreforts ou entre deux cahutes sera par exemple bien difficile à déloger. Par contre, si les vers sont regroupés à découvert, au bord de l'eau, le pourcentage de perte augmente considérablement.

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Cette part de hasard fait tout le sel de Worms car aucune des parties ne se ressemblent. 

Pour jouer à Worms, il faudra également du doigté, jauger au mieux les distances et penser à tous les obstacles et aux éventuels rebonds (la grenade par exemple rebondit telle une balle de ping-pong). Toute la puissance de notre tir dépendra de la fameuse barre en bas de l'écran, laquelle se remplit plus au moins en fonction du temps à presser le bouton. Et un peu comme dans un jeu de golf, on devra également apprécier le vent, sa force et sa direction pour envoyer un missile à bon port.

A bas le vers solitaire !

Graphiquement, il n'y a rien de renversant mais le jeu est bien mignon et d'une qualité équivalente aux versions 32-bit... Sans les cinématiques toutefois, support cartouche oblige.

Doté d'une profondeur de jeu insoupçonnable lorsqu'on découvre le jeu, Worms est malheureusement assez mal servi par le mode solo. Pas d'histoire, pas d'aventure, jouer seul revient à aligner les matchs sans autre but que d'évoluer dans un ephémère classement entre équipes.

Et le Cpu n'a ni le charme de votre amoureuse, ni le bagout d'un bon pote. Surtout, ce bougre fait très peu d'erreur dans les tirs à distance, la précision avec laquelle il nous envoie ses grenades de l'autre coté du niveau étant pour le coup assez inhumaine. La seule solution pour lui faire rendre la poussière, le corps à corps où il oublie souvent d'attaquer.

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Oui, c'est bien connu, Worms n'a jamais bâti sa réputation sur le mode solo. 

C'est son mode multijoueur qui en a fait un titre mythique. Et ma foi, à deux, Worms devient absolument irrésistible, les combats entre humains s'équilibrant parfaitement. Ils s'avèrent souvent serrés, car rien n'est jamais vraiment acquis.

Une supériorité numérique peut vite être enrayée. Une arme glânée grâce aux caisses ou un tir raté peuvent en effet souvent changer la donne. Les stratégies se mettent ainsi en place pour contrer rapidement celles de l'adversaire mais également pour retourner les situations les plus compromises.

Même si j'avoue que le prix du jeu peut légitimement faire fuir n'importe qui (comptez 100 à 150 euros, c'est le prix de sa rareté), on peut remercier Telegames pour cette version Jaguar des vers de terre.

Worms est un jeu cultissime qui distille un plaisir immédiat. En plus d'être un excellent jeu de stratégie, c'est le meilleur jeu multijoueur de la 64-bit d'Atari.

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la fiche du jeu sur AtariAge: https://atariage.com/software_page.html?SoftwareLabelID=1117

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23 décembre 2013

Je vois que vous êtes venu avec votre Jaguar

Sans titre

Another World

2013 - Retro GC et The Removers (d'après le jeu d'Eric Chahi)

Aventure Action

Un jeu mythique

Tout a déjà été dit à propos du chef d'oeuvre d'Eric Chahi... Et pourtant, difficile de ne pas répéter à quel point Another World fut une révolution vidéoludique au tout début des années 90. Aujourd'hui, son arrivée sur Jaguar était attendue, histoire de fêter comme il se doit les 20 ans du fauve. Et diantre, cela valait le coup d'attendre !

Title

Pour l'histoire, sachez que le chercheur Lester Chaykin, suite à une expérience qui tourne mal, va se retrouver projeté dans un autre monde, un monde particulièrement hostile. Et face à tant d'adversité, il va se lier d'amitié avec un des natifs de ce pays dans une fuite vers l'inconnu.

Etrange et beau

Another World est un jeu traversé par une athmosphére étrange, unique.

Il est également doté d'une réalisation inventive, géniale pour l'époque, avec une utilisation habile des polygones en 2d qui confére aux personnages une élégance et des animations dignes du Prince Of Persia de Jordan Mechner.

Ferrari

Avec une véritable intro et les premières cinématiques intégrées à l'action, Another World présente aussi des points communs avec le cinéma, ce qui était nouveau en 1990, et offre un éventail d'émotions beaucoup plus large que ce que proposait le classique jeu d'action de l'époque : peur de l'inconnu, émerveillement, espoir...

Et comme le héros que l'on incarne, nous ne connaissons rien de cet autre monde. Nous sommes tout comme lui, perdu et poursuivi, ne sachant jamais ce que l'on va trouver au tableau suivant. Totalement pris par le jeu ! La bande son quasiment sans musique, bruitiste, ce découpage assumé en plan fixe (pas de scrolling) et l'absence d'indication à l'écran participent vraiment à cette sensation d'immersion.

Try and Retry

Y jouer aujourd'hui sur Jaguar aujourd'hui, c'est se rendre compte à quel point ce jeu n'a pas vieilli.

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Le jeu peut s'avérer frustrant au départ. Mais sa difficulté permet d'exulter lorsqu'on parvient à progresser, lorsqu'on débloque une situation.

Le jeu fonctionne sur le mode "Try and Retry" intensif (du "essaye encore" que l'on retrouve dans la plupart des productions d'Eric Chahi, d'Infernal Runner sur CPC à Heart of Darkness sur Play). On meurt souvent, et même jusqu'à plus soif. 

Et malgré ces morts répétées, les moments où l'on se dit que c'est impossible de passer, Another World se montre particulièrement gratifiant. Surprenant de bout en bout, alternant non-stop avec un art consommé de l'enchaînement parfait entre la plate-forme, l'exploration, l'action pure, les réflexes, les phases de réflexion et les fameuses cinématiques...

D'un écran à l'autre, les pièges et les évennements imprévisibles pullulent. Des créatures dentées et tentaculaires vous hachent menus, un pan du sol s'écroule sous vous pieds ou vous vous retrouvez entre deux feux d'une guerre à laquelle vous êtes étranger...

une Version De Luxe

Niveau gameplay, il faut toujours un petit temps d'adaptation pour maîtriser son arme. Mais quelle arme ! Elle nous permet, avec un seul bouton, de tirer, de se protéger avec un bouclier mais aussi de charger le tir pour détruire tout sur son passage.

Gun

La principale difficulté rencontrée provient du saut en pleine course qui nous oblige à appuyer sur deux boutons en même temps. Or la manette Jaguar avec des boutons bien éloignés les uns des autres ne rend pas la gymnastique facile. Néanmoins, on s'y fait avec de l'entraînement. On s'y fait surtout tant le jeu, et cette version tout particulièrement, vaut la chandelle.

Difficile en effet de ne pas tomber à la renverse devant le travail de conversion de Sebastien Briais des Removers, bien aidé aussi par les membres de la Jagware Team. L'adaptation est vraiment parfaite, restitue l'essence, l'âme, et même plus encore, du jeu ! La version Jaguar est pour l'occasion réhaussée avec des décors colorés et détaillés (Merci au mode De Luxe en 256 couleurs !).

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Un peu comme pour les Monkey Island qui étaient ressortis sur les consoles HD avec des graphs réactualisés, on peut choisir en cours de jeu entre deux versions, celle en 256 couleurs et la version originale en 16 couleurs. Chacune est sélectionnable lorsqu'on met le jeu en pause.

Et que dire du packaging qui est à tomber par terre : une très belle boîte de jeu au look d'époque (logo Jaguar compris), manuel complet, une belle cartouche à l'ancienne... Le tout avec la finition d'aujourd'hui.

Another World est un titre exceptionnel qui a inspiré nombre de perles : Flashback, Ico ou Limbo pour ne citer que les plus belles ! Et cette version Jaguar, avec des graphismes réhaussés pour l'occasion, fait vraiment honneur à la réputation de ce jeu mythique.

En un mot, un seul : indémodable !


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Note_Jag

 

le site du jeu Jaguar : http://removers.free.fr/AnotherWorld/

le site officiel d'Another World : http://www.anotherworld.fr/

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16 décembre 2012

Boomshakalaka !!

nbajamte

NBA Jam - Tournament Edition

1996 - Atari (dévelopé par High Voltage Software)

Basket

Arch Rivals, le retour ?

Tout droit venus des salles arcades enfumées des années 90, succés interplanétaire intronisant le Basket comme le sport le plus fun et le plus spectaculaire à jouer, NBA Jam et ses suites se sont vus adaptés par Acclaim sur un nombre incalculable de consoles. Et le portage Jaguar, de toute dernière minute, de ce NBA Jam Tournament Edition est une faveur que les fans de la 64-bit d'Atari ne saurait mettre de coté.

Sur Jaguar, NBA Jam TE est en effet une petite bombe !

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Déjà petit rappel des particularités de la série :

-Dans NBA Jam, on est loin du réalisme propret des simulations sportives. C'est du basket à deux contre deux avec des règles du Basket Ball simplifiées. Il est par exemple tout à fait possible de retourner dans sa zone ou de bousculer impunément son adversaire (de le balancer au sol pour être précis). Seules subsistent la règle des 3 points, la loi des 24 secondes de possession et l'interdiction de toucher le ballon s'il est en phase descendante lors d'un tir.

-Ensuite, et c'est la principale marque de fabrique de la série, les dunks y sont ultra-spectaculaires défiant toutes les lois de la pesanteurs avec de véritables sauts de l'espace. Le joueur suspend le temps avec moult figures aériennes du style saltos, rotations ou grand écart pour faire crépiter les flashs dans les tribunes... Avant de rentrer le ballon comme une fleur dans le panier. La grande classe !

Et si en plus on enfile les paniers comme des perles, le ballon s'enflamme littéralement.

Un revival NBA

License NBA oblige, on a droit aux 27 équipes qui officiaient en NBA en 1994. Des Chicago Bulls au Los Angeles Lakers en passant par les Celtics de Boston, les meilleurs joueurs de l'époque sont là : Hakeem Olajuwon, Pat Ewing, Karl Malone, Scottie Pippen... Le fantasque Dennis Rodman avec ses cheveux qui changent de couleur à chaque quart temps dans le jeu ou encore Tyrone Bogues, des Charlotte Hornets, qui avec ses 1m59 est le plus petit joueur a avoir évolué en NBA.

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Nouveauté de ce Tournament Edition, on a aussi la présence d'une équipe de jeunes recrues de la NBA, les Rookies de l'année 94, avec entre autres de futures stars comme Grant Hill ou Jason Kidd.

Néanmoins, vous ne trouverez pas les légendaires Michael Jordan, Shaquille O'Neal ou Magic Johnson, bien trop chers pour la licence. Dommage ! Reste qu'une fois le jeu fini, on débloque des joueurs improbables comme les programmeurs du jeu, un des responsables Atari, le président des Etats-Unis de l'époque, Bill Clinton ou encore les Mascottes des équipes comme Gorilla.

NBA Jam - Tournament Edition

Le jeu est personnalisable de la tête au pied avec des options proposant par exemple des items en cours de jeu, un système de relais ou un mode Tournament.

En mode solo, on aura pour objectif principal d'affronter chacune des 27 équipes de la league, l'idéal étant de les battre toutes, sans concéder une seule défaite. Bon courage !

Vol plané vers le panier

Le plaisir de faire des dunks de fous avec des stars NBA est bien réél. La jouabilité est immédiate : passe, tir, turbo (les chaussures deviennent bleues quand on l'active). Il n'y a pas de combinaison particulière style "arc de cercle, bas, bas, droite, gauche" pour tutoyer les étoiles et plonger en looping vers le panier, juste d'être bien placé et d'activer le turbo et le tir au bon moment. Excellent et addictif !

nbajamto

Reste que dans les moments chauds, on pestera (avec plus ou moins de mauvaise foi) sur la gestion des rebonds et sur l'appréciation des distances entre le ballon et nous, la partie défense étant bien plus délicate à gérer que l'attaque. Il arrive souvent de croire que l'on touche la balle, et bien non... ou de sauter pour prendre le rebond et de faire un block qui rend bêtement la balle à l'adversaire.

C'est peut-être les années qui passent mais je n'ai plus l'habitude de galérer à ce point. D'autant que l'adversaire est coriace, rend coup pour coup, quand il ne fait pas des coups de vache avec une agressivité accrue et des paniers impossibles sur le Money Time. Méfiez-vous, avoir quelques points d'avance une minute avant la fin ne signifie pas que vous allez l'emporter !

He's On Fire !

En même temps, si les matchs sont aussi mémorables et le jeu aussi addictif, c'est grâce en partie à cette difficulté qui permet d'exulter lorsqu'on tient une victoire. Les matchs sont indécis, vivants. Les fausses joies sont réelles (gain de balle et perte de balle dans la même seconde) les "oufs" de soulagement ne le sont pas moins (un trois points qui rentre, ça fait toujours plaisir). Il faut s'arracher pour gagner et enchaîner 27 victoires n'est pas de tout repos même en mode easy.

NBA Jam T

Pour ma part, j'ai réussi le coup des 27 victoires enchaînées (mon astuce de flibustier, LE secret de polichinelle pour les nuls : faire reset à chaque défaite, avant que celle-ci ne soit sauvegardée) après six bonnes heures de jeu. Les rookies sont désormais dispatchés dans leurs équipes respectives et l'équipe All-stars a fait sa petite apparition. Reste maintenant à tester tous les joueurs cachés, j'y go tout de suite. :)

Ayant testé le multijoueur, il est très fun d'autant que la jouabilité est simple comme bonjour (surtout en attaque), elle est idéale pour les copains qui n'ont pas encore l'habitude du jeu. Avec le Team Tap de la Jaguar, il est également possible de jouer à quatre ! A tester pour ma part.

s_NBAJam_3

Ensuite, une raison de plus pour jouer à ce NBA Jam T.E. sur Jaguar, High Voltage Software (déjà auteur de White Men Can't Jump) s'est occupé du développement et a fait un excellent travail. Le portage fait honneur à la console avec des digits vocaux qui explosent les enceintes (la musique est en retrait, tant mieux). La fluidité est exemplaire avec beaucoup de dynamisme. On a un très beau parquet ciré et de grosses têtes pour les joueurs qui donnent un coté cartoon tout à fait approprié à ce jeu hors norme. La 64-bit d'Atari n'a pas à rougir de sa mouture, on a droit à une véritable borne d'Arcade à la maison !!

Fun, addictif, explosif, NBA Jam T.E n'est pas qu'un simple jeu de basket, c'est LE jeu d'Arcade par excellence sur Jaguar !

Note_JagNote_JagNote_JagNote_JagNote_Jag 

la fiche du jeu sur AtariAge:http://www.atariage.com/software_page.html?SoftwareLabelID=1100

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20 juillet 2012

Y a du Morphing dans l'air (et de l'eau dans le gaz)

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Battlemorph

1995 - Atari (dévelopé par Attention To Detail)

Shoot 3D

Skylar est de retour...

Tout juste renaissant de ces cendres, l'Empire de Pernitia menace à nouveau l'équilibre de la Galaxie. A nous, à bord de notre vaisseau qui "morphe", d'en finir une fois pour toute avec ces gredins interstellaires ! :)  

Exclusivement destiné au Jaguar Cd, Battlemorph est la suite du tout premier jeu de la Jaguar, j'ai nommé Cybermorph sorti en 1993, et propose comme dans l'épisode précédent d'explorer en toute liberté des planètes dans des environnements 3d en Gouraud Shading.

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On retrouve donc tout naturellement Skylar, cette charmante dame qui, avec son minois tout bleu ce coup-ci, s'affiche en haut à gauche de l'écran et commente tous nos faits et gestes. On retrouve également le même principe de jeu à savoir des missions oscillant entre la collecte d'items et la destruction d'objectifs précis.

Si rien n'a changé, alors, quoi de neuf, Docteur ?

Des (R)évolutions

Il y a quelques petits changements notables, des petites améliorations qui mises bout à bout (et de fil en aiguille) font de Battlemorph un des tous derniers grands jeux du fauve d'atari. C'est tout simple, ces améliorations éclipsent les défauts qu'affublaient les plus critiques d'entre nous au premier épisode.

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Les grincheux de tous poils disaient en substance ceci :"Cybermorph fait dans l'abstraction et le cubisme pour le décor, c'est vilain !". Certes le gouraud shading sans détail est omniprésent dans cette suite mais Battlemorph s'entiche de fonds dessinés et d'éléments en textures mappées. Le clipping est également moins prononcé. Comme la fluidité de l'animation est toujours de mise, visuellement, le jeu s'avère très agréable.

"Cybermorph n'a pas de musique, pas d'ambiance". Cette-fois-ci, la musique, de qualité Cd, est immersive en diable. Spatiale, planante, intrigante, la bande-son épouse parfaitement le rythme si particulier du jeu. Un plus pas négligeable.

"Cybermorph était répétitif et lassant". Même si dans le fond, le principe n'a pas changé, la scénarisation des missions nous implique d'avantage dans le jeu. Des exemples : retrouver des documents pour obtenir des informations sur la défense ennemie, détruire un pont pour faire chuter un train et récupérer ce qu'il détient, poser une bombe thermonucléaire et s'enfuir de la planète avant la fin du compte à rebours...

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Battlemorph arrive surtout à nous surprendre par la variété des environnements qu'on trouve sur une même planète, entre les différents tunnels et ces zones d'eau qui sont la grande nouveauté de cet épisode.

Aquablue

Quoi qu'en dise les grincheux, le gameplay était selon moi le point fort du premier opus. Et là Battlemorph enfonce le clou. Notre vaisseau, le War Griffon, dispose dés le départ d'un double tir et gagnera au fil de ses explorations des armes spéciales qui vous seront bien utiles dans certaines phases de jeu.

Une des armes, les leurres permettent ainsi de battre n'importe quelle armada surarmée en créant une diversion. Il suffit d'envoyer devant soi un tas de petits vaisseaux fantoches, de changer d'arme et de s'approcher de l'ennemi, lequel ne sait plus sur quoi tirer, pour l'abattre. Le fin du fin.

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Le War Griffon a, outre toutes ses armes de guerre, la possibilité au contact de l'eau de "morpher" en sous-marin et d'explorer en toute liberté le fond des lacs. Mine de rien, en terme d'exploration, le jeu prend une autre dimension avec cette possibilité. Chacune des zones d'eau sont des invitations lançées au joueur un tantinet curieux, leurs surfaces opaques ne laissant rien deviner de ce qu'elles cachent.

En plein combat, lorsqu'on est en difficulté dans les airs, on peut même y trouver refuge et y dénicher des items de santé pour reprendre des forces. Ces phases aquatiques sont de surcroît bien réalisées avec un très bel effet de déformation. 

Pour varier les plaisirs, on pourra également passer dans des tunnels pour explorer les tréfonds des planètes ou passer d'une zone à une autre. Dans ces moments-là, la vue change pour celle intérieure du vaisseau.  

Une Galaxie à explorer

Plus variée et plus belle que jamais, la suite de Cybermorph en impose.

La liberté totale de mouvement est grisante. Libre à vous de vous déplacer où bon vous semble. Libre à vous d'attaquer les troupes ennemis en cramant la moitié de votre barre de vie, libre à vous de flâner dans des zones plus calmes (un petit plongeon ?) ou bien d'explorer méthodiquement, avec l'aide de la carte, chaque centimètre carré des niveaux (qui, petite aparté, sont particulièrement bien construits).

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Le jeu est plus facile d'accés et moins aride que son modèle. En lieu et place des passwords assez difficiles à glâner dans le premier épisode, on a droit à une sauvegarde automatique après chaque planète. Il y a également foison d'items de santé, de vies cachées et d'upgrades en tout genre, ce qui incite à jouer et à chercher partout. Pour sûr, l'immersion est garantie pour de très longues parties aux confins de la galaxie.

Pour pouvoir espérer finir le jeu un jour, notez qu'il vous faudra impérativement la cartouche de sauvegarde -le Memory Track- car avec ses 8 systèmes solaires et sa quarantaine de planètes à explorer, Battlemorph est un challenge de longue haleine. 

La suite de Cybermorph améliore le concept de base en étant plus variée et plus immersive que jamais. Un très grand shoot 3d pour le Jaguar Cd !    


Note_JagNote_JagNote_JagNote_JagNote_Jag

la fiche du jeu sur AtariAge: http://www.atariage.com/software_page.html?SoftwareID=2495

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16 avril 2012

Un autre monde...

myst

Myst

1995 - Atari (développé par Cyan et Sunsoft)

Point-and-click / Réflexion 

Seul au monde

Dans les années 90, Myst a été une révolution à contre courant. Le jeu s'adressait à un public différent de ceux des salles d'arcade...

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Pas d'action, pas âme qui vive, des images belles et fixes, égayées ici et là par de courtes cinématiques ou de rares plages musicales new age...

dans la brume et le coton

Il n'y a aucun chemin tout tracé, aucune issue apparente, juste vous, perdu, sur une île étrange et calme.

Qu'on se le répète, Myst n'est pas un jeu avec des énigmes, c'est une énigme à lui tout seul ! 

On trouve par exemple beaucoup de mécanismes à actionner (leviers, interrupteurs, manivelles...) mais aucune explication concrète n'est donné au joueur quand à leur utilité.

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Le joueur doit se démener tout seul, découvrir la logique qui est propre au monde de Myst, avec une attention et une écoute de chaque instant.

Il vous faudra en effet, au hasard d'une énigme, reproduire les notes d'un piano, trouver un indice en scrutant l'horizon à la longue vue, jouer les plombiers en rétablissant les canalisations, comptez les multiples de 3 pour trouver un code ou dresser méticuleusement un plan d'un labyrinthe...

Même si vous ne tarderez pas à la découvrir, un petit point sur l'histoire : Sirrus et Achenar, deux frères, sont emprisonnés respectivement dans le livre rouge et bleu que vous trouverez dans la bibliothèque. Ils vous demanderont pour les libérer, de retrouver à travers les Âges les pages manquantes de leurs livres...

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Pour s'échapper de l'île de Myst et retrouver les pages, vous devrez donc mettre la main sur les livres de liaison qui représente des portes d'entrée sur d'autres mondes (appélés Âges) : l'Âge du bateau de pierre, l'Âge de la passerelle de bois, l'Âge sélénique et l'Âge mécanique.

Compte tenu de la difficulté des énigmes et de la somme des indices, Myst vous obligera, en plus de votre manette, de vous munir d'une feuille et d'un crayon à papier bien aiguisé !

Eurêka !

Bien sûr, les moins patients d'entre vous s'arrêteront au bout de cinq minutes et Myst restera pour eux un mystère. Et c'est bien dommage car vraiment, la balade est passionnante, envoutante, saisissante !

Myst (E) (En-Fr-De-It-Es-Nl)

Le jeu est magnifique ! La version Jaguar Cd est un portage à l'identique de la version Mac d'origine avec une résolution optimale.

Seul couac, le jeu est entièrement en anglais non sous-titré. Alors que je l'avais déjà eu sur PC, je n'ai pas saisi toutes les subtilités des dialogues ce coup-ci, oubliant un ou deux détails de mes joutes passées. Et vu mon piètre niveau en anglais, cela m'a joué des tours sur le dénouement, m'obligeant à regarder une seule fois (mais une fois de trop) la soluce...

Ce qui ne m'a d'ailleurs pas beaucoup aidé, vu la fin qui m'a été réservée ! Une fin un peu frustrante en y repensant.

Néanmoins, je garde en souvenirs les différents Âges traversés qui offrent des ambiances sublimes, rétro-futuristes et étranges, avec une fusée échappée d'un album de Tintin, une maison rotative comme une horloge, des huttes désertes au sommet des arbres ou un submersible sur rail à la Jules Verne.

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Et les images belles et immobiles donnent un cachet à Myst qu'on ne retrouvera nulle part ailleurs, pas même dans les suites du jeu...

Une certaine et intrigante irréalité.

Bien plus qu'un jeu à énigmes, Myst est une pièce d'orfèvre, une passerelle vers un autre monde, une œuvre complexe  qui ne se découvre qu'avec le temps. Un très beau jeu pour le Jaguar Cd...


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la fiche du jeu sur AtariAge: http://www.atariage.com/software_page.html?SoftwareLabelID=1098

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22 octobre 2010

Goldorak, Go !

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Iron Soldier

1994 - Atari (développé par Eclipse Software)

Shoot 3D

Guérilla Urbaine

Futur immédiat, le monde est sous le joug d'une dictature militaire incarnée par l'IFC. Cette sombre corporation écrase au propre comme au figuré  toute velléité de contestation avec son armée ultime de méchas géants : les Iron Soldiers. Membre de la Résistance, vous avez réussi a voler un exemplaire de ces soldats de fer et vous comptez bien vous en servir pour  renverser à vous tout seul l'IFC.

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Iron Soldier est une simulation de Mécha. Comme dans Goldorak, on se retrouve aux commandes d'un robot géant surarmé, confortablement assis dans la tête du robot qui fait office de cockpit. Tout confort...ou presque. Le Warning vous alertant d'une explosion imminente clignote.

Le Géant de Fer

La vraie force d'Iron Soldier, c'est son gameplay complexe et novateur. Avant chaque mission, notre Goldorak est customisable de la tête aux pieds. On peut disposer les armes que l'on veut (du moins celles que l'on a) sur différentes parties du corps. Jusqu'à 9 armes distinctes sans compter les poings et les pieds (au choix une mitraillette Gaitling sur l'épaule gauche, des grenades à la taille droite, etc...)...

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Un overlay (la fameuse petite carte en plastique) se glisse sur le pavé numérique de la manette, le robot y est dessiné et chaque partie du corps, à laquelle on a donc adjoint une arme, correspond à un bouton. C'est astucieux même si on est souvent obligé de jeter un coup d'œil sur la manette pour changer d'arme. Au début, on perd souvent de précieux dixièmes.

Lorsqu'on débarque dans le jeu, surprise, la vision est panoramique ! Vous pourrez constater que vos pieds écrasent bien un tank au sol ou que dans le ciel un hélicoptère vous inondent de missiles. Il est aussi possible de tirer dans la direction que l'on souhaite tout en se déplaçant. 

ironsoldier2

L'environnement urbain est en 3d sans texture. Oui, le rendu est un peu vieillot, mais cette fameuse vision panoramique associée à une animation bien fluide offre de très bonnes sensations.

Tout autour de nous, il y a plein de buildings, des usines, des maisons et il est possible de tout détruire. Avec ses propres poings, en marchant dessus ou en balançant des grenades. Beaucoup de bâtiments renferment des caisses de soins ou des munitions (néanmoins, vous pouvez veiller à garder les lieux intacts pour vous protéger des tirs ennemis...).

Fulguro Poing !

Il faut aussi accepter la difficulté (ça fait partie du jeu) de déplacer avec aisance un Mécha de 13 mètres de haut et de plusieurs tonnes entre deux buildings.

Piloter Goldorak demande en effet du doigté et une réactivité de tous les instants. Les ennemis entre les hélicos, les tanks et autres tourelles nous canardent avec allégresse. Contre un de vos très rares congénères, un Iron Soldier, aucun répit ne vous sera accordé. Absolument aucun.

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Un petit conseil pour vous en débarrasser : balancer rapidement et à bonne distance toutes vos grenades (ou vos Rockets si vous en avez). Attention ! Si vous êtes trop loin, vous risquez de gâcher vos munitions, si vous êtes trop prêt, vous risquez tout simplement de passer un sale quart d'heure !

Pour parler des missions, elles s'offrent à nous par série de quatre (16 en tout) et sont très variées. Cela nous oblige à bien lire les briefings (qui sont traduits en français dans le manuel) et à bien choisir l'ordre des missions (pour récupérer la bonne arme dans l'une et détruire la bonne cible dans l'autre).

IronSoldier9
Les cibles à détruire vont du simple complexe militaire aux ponts à haubans, aux grandes frégates "béhémot" qui sont en train de quitter le port (il faut aller vite dans ces cas-là) au petits camions de marchandises qui sont difficiles à trouver en pleine ville. Il faut parfois défendre des attaques ennemies  un bâtiment ou un convoi de la Résistance (des missions difficiles, très difficiles). La méthode est de rigueur, soyez donc rigoureux dans la méthode. :)

Difficulté en Acier Trempé

Malgré le coté destruction totale, Iron Soldier est un jeu intelligent. Il offre d'excellentes sensations (un mécha, c'est lourd mais c'est le pied à diriger) et on doit s'adapter en permanence (rigueur, méthode). Le jeu est assez difficile surtout lorsque le facteur temps joue en notre défaveur. Même avec la sauvegarde après une série de quatre missions victorieuses, on a que deux petites vies (traduction : un seul continue) et le Game Over fait mal, très mal...

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J'ai bloqué de longs mois sur une mission, ce qui m'empêchait d'apprécier pleinement le jeu. Ses qualités étaient évidentes mais je lui préférais la simplicité et le coté arcade d'un I-War. J'ai récemment débloqué la situation (ouf de soulagement !) en y allant franco. Et même si je n'ai pas encore fini le jeu, ce fut une vraie libération !

Après autant d'émotions, il ne fait aucun doute qu'Iron Soldier est un challenge de tout premier choix sur Jaguar. Un grand jeu complexe, novateur et exclusif à la 64-bit d'Atari. Un grand jeu au moins de la taille d'un Mécha géant surarmé.

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la fiche du jeu sur AtariAge : http://www.atariage.com/software_page.html?SoftwareID=2505

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14 juillet 2010

Die, Allied schweinehund !

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Wolfenstein 3D

1994 - ID Software

FPS

"Achtung" 

1942, vous êtes BJ Blazkowicz, un soldat allié qui n'a rien à envier, coté mitraillettes et muscles, à Schwarzenneger et vous êtes perdus au cœur d'un château bavarois, une base secrète des Nazis. S'offre à vous un véritable labyrinthe de portes, de couloirs, de salles et de passages secrets ... Vous avancez lentement et c'est au cri d'un soldat allemand que démarre la boucherie. "Achtung"

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Des croix gammées un peu partout, des portraits d'Hitler accrochés au mur, oui, Wolfenstein 3d avait fait scandale à son époque. Et pourtant, qu'on ne se trompe pas sur les intentions du jeu, on est là pour dérouiller du Nazi. Le but étant d'éliminer une ribambelle d'officiers SS avant d'en finir une fois pour toute avec Hitler lui-même.

Un FPS de légende

Wolfenstein 3d est surtout un jeu mythique sur PC. Bien avant Doom, Id Software a créé un tout nouveau genre de boucherie : le jeu de tir à vue subjective. Fini le petit bonhomme de pixels que l'on suit distraitement des yeux et qui est censé nous incarner, nous voyons désormais ce que voit le personnage, tenant l'arme devant nous.

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Les ennemis s'avancent vers nous et les murs défilent de manière réaliste nous donnant l'impression d'évoluer dans un véritable univers en 3d.

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Jeu révolutionnaire sur PC, la conversion sur Jaguar a bénéficié d'un soin tout particulier...Merci ID !

Une version Jaguar deluxe

Par rapport à la version qui tourne sur PC, la résolution de l'image est optimale avec des ennemis vraiment énormes, entièrement redessinés, des tas de détails croustillants, des couleurs qui pètent et surtout pas un seul gros pixel à l'horizon (là où beaucoup d'autres versions faisaient dans la bouillie) !

Pour parler uniquement des boss, ils sont magnifiques et en imposent beaucoup au joueur d'un point de vue taille (qui du coup s'enfuit souvent de peur). Qui ne se souvient pas sans émotion d'Hans Grosse ou du redoutable Death Knight ?

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Autre détail qui a son importance, les cadavres ne disparaissent plus, ce qui permet de se repérer dans le labyrinthe (en plus de la carte) en essaimant la mort comme le Petit Poucet.

Le système de point a été abandonné (ce n'est pas un mal : les trésors donnent désormais de la vie) pour un écran de jeu simplifié et clair, n'affichant désormais que le nécessaire.

Certes, l'imposante manette de la Jaguar peut poser quelques menus soucis au début. Pour strafer par exemple (faire des pas sur le coté), on doit appuyer sur un bouton tout en appuyant sur la droite ou la gauche. Pas facile. Mais, croyez-moi, on prend vite le coup de main.

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Coté armement, en plus du fusil mitrailleur et de la rotative, on a également deux armes exclusives à cette version : un lance-flamme pour cramer et un lance-roquette pour dézinguer, deux armes d'une puissance dévastatrice qui s'avèrent indispensables face aux boss.

Si vous aimez les FPS, avec la Jaguar (AvP, Doom et Wolfenstein 3d !!!), vous êtes royalement servi.

Wolfenstein 3d est un incontournable.

UN MUST !

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la fiche du jeu sur AtariAge : http://www.atariage.com/software_page.html?SoftwareLabelID=1119 

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