11 septembre 2017

Dans le repaire de Smaug...

dragonslair

Dragon's Lair

1995 - ReadySoft

Dessin animé interactif

Ciné magique

Pour libérer sa jolie princesse Daphné des griffes d'un ténébreux dragon, Dirk, un téméraire soldat de la garde, va devoir se perdre dans un sinistre château et passer par une enfilade de salles bourrées de monstres et de pièges... Là, débute les ennuis...

S'il ne brille pas par son histoire, Dragon's Lair a surtout marqué la grande Histoire du jeu vidéo en étant le tout premier dessin animé interactif !

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Avec une pointure de l'animation comme Don Bluth aux commandes (ancien de chez Disney, réalisateur de Fievel et le Nouveau Monde ou d'Anastasia), le jeu d'arcade qui date de 1983 (!) est particulièrement impressionnant pour sa réalisation. On se tient devant un véritable dessin animé, quelque part entre un Disney classieux et un Tex Avery déjanté.

Alors bien entendu, l'interactivité est limité, on n'est pas libre de nos mouvements, tout est scripté. Il s'agit bien d'un film et les séquences d'animation se débloqueront en appuyant sur le bon bouton.

Un D.A dont Vous êtes le Héros

Le jeu a le grand mérite d'être clair dans ses intentions : vous allez mourir jusqu'à plus soif, et ce dans la joie et la bonne humeur. On sent d'ailleurs que les animateurs, bien sadiques, se sont fait plaisir à ce niveau là. Avec sa dégaine un peu gauche de grand duduche, Dirk est le parfait cobaye pour expérimenter toutes les morts cartoons du jeu : se faire cramer, bouffer, étouffer, liquéfier, empaler etc... 

Pour éviter ça, il faudra donc choisir et enchaîner les bonnes actions au bon moment. Et cela se joue parfois à la fraction de seconde près ! 

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On touche là à un point qui peut fâcher le joueur manquant de patience. D'autant qu'il y a certains passages sur lesquels on peut légitimement s'arracher les cheveux, car il est parfois difficile de savoir à quel moment précis enclencher l'action, voire même quelle action il faut faire, faute d'indice.

Dans la Salle des Tortures 

J'ai longtemps considéré ce genre de jeu, et ce jeu en particulier, comme une torture. Une fois les 5 vies passées, j'avais le sentiment qu'il fallait tout recommencer depuis le début, quelque soit son avancée dans le château (ce qui est faux). J'avais rapidement lâché l'affaire. Découragé.

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Or il y a bien des checkpoint toutes les 6 salles environ, et les continues sont infinis. Le jeu est aussi très court, donc si on progresse sur une série de salles, on se rapproche à grands pas de la fin. Le jeu est bien moins punitif qu'il en a l'air, si tout simplement, on accepte son challenge et le fait de mourir cent fois pour faire un pas.

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Ayant compris le "truc" (appuyer sur un seul bouton à la fois, temporiser, bourriner ou laisser appuyer sur le même bouton sur certaines séquences) depuis que j'ai terminé Space Ace, l'autre dessin animé interactif de Don Bluth, mes aprioris se sont tous envolés. La progression dans ces salles bourrées de pièges a quelque chose de très amusant et de très addictif.

J'ai fini le jeu, avec grande joie, après avoir été un temps bloqué à la séquence du damier psychédélique (sur Jaguar CD, c'est la 28ème salle sur les 30 que compte le château) avec des grosses billes de couleurs qui nous roulent dessus. Ce passage, que je nomme "Marble Madness", exige du pur timing... 

"Drink Me"

Cultissime jeu d'arcade ayant intronisé le genre du DA interactif, Dragon's Lair est un véritable classique et il s'apprécie comme tel, comme un excellent vin racé. Le jeu accumule des moments de bravoure dans une ravissante ambiance Héroïc Fantasy, proche de celle que l'on retrouvera trois ans plus tard dans Taram et le Chaudron Magique des studio Disney.

Il y a un grand soin apporté aux décors, susceptibles de s'écrouler à tout moment, et au design des créatures rencontrées, tantôt comiques, tantôt sérieuses. Ces dernières comme le Chevalier Noir inspirent souvent la crainte et le respect. Toute cinématographique, la mise en scène est enlevée et beaucoup de détails humoristiques viennent la ponctuer comme le fameux "Drink Me".

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Cette conversion sur Jaguar CD pixellise un peu, surtout en comparaison de la borne d'arcade ou de celles qui tournent sur 3DO et sur Cd-I, mais la qualité de la vidéo en plein écran reste honorable pour l'époque. A noter qu'il n'y a pas de salles aléatoires comme dans l'original, ce qui amoindrit la difficulté. Seul le sens de l'image change parfois, pour mettre à mal nos petites habitudes. 

Soyez-en averti, les débuts sont très difficiles, et le découragement n'est jamais bien loin. Il faut juste comprendre la mécanique du jeu, prendre le coup.

Une fois passé ce cap, le plaisir de progresser dans ce château infernal est total ! Dragon's Lair est un "Die and Retry" amusant et classieux, avec une réalisation digne de son support.  

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la fiche du jeu sur AtariAge : http://atariage.com/software_page.php?SoftwareLabelID=1081

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02 janvier 2013

le Dungeon Crawler de la Jag

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Towers II - Plight of the Stargazer

1996 - Telegames (développé par JV Games)

RPG

Astronomie et Sorcellerie

Amoureux sincère des RPG, j'ai passé (comme tout le monde, j'imagine) des centaines et des centaines d'heure à hacher-menu du Gobelin avec un gros Barbare chevelu ou à me balader à cheval juste pour le plaisir (oubliant au passage la princesse à sauver), ou bien à faire parler la foudre céleste avec le petit neveu de Gandalf dans une pléïade de titres plus ou moins récents. Pour ne citer que mes préférés : Baldur's Gate, Diablo I et II, Fable (le premier), Two Worlds, The Witcher II, Oblivion et surtout Skyrim.

Sur Jaguar, j'étais un peu orphelin du genre, un peu triste. Pas un seul RPG, pas même un jeu griffé "Heroïc Fantasy" à se mettre sous la dent. Pas un seul ? Vraiment ?

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Si, il y en a bien un ! Un vrai de vrai, avec du poil, avec des donjons et des monstres. Un jeu tellement rare qu'on oublie trop souvent de le mentionner dans la liste des jeux Jaguar. Un jeu sauvé in-extremis par un éditeur, Telegames, qui a pris le risque de le sortir après la fin de la commercialisation de la console.

Towers II - Plight of the Stargazer est un vrai RPG sur Jaguar, un RPG très proche dans l'esprit des Dungeon Master ou des King's Field avec une vue subjective, des combats avec des jets de dés et un labyrinthe de couloirs et de salles infestées de viles créatures.

Pour les grandes lignes de l'histoire, sachez que le seigneur Daggan est devenu fou. Du haut de sa grande tour, le bougre tente toutes sortes d'expériences interdites (nécromancie, astronomie démente, incantations innommables etc...). A nous d'arpenter, épée ou baguette en main cette fameuse tour haute de 12 étages, véritables labyrinthes de cul-de-sacs et de chausses-trappes, afin de calmer les ardeurs démoniaques de ce monsieur.

Un jeu dont vous êtes le héros

On a le choix entre quatre personnages qui représentent quatre niveaux de difficulté et donc quatre manières de jouer suivant les compétences des bonshommes : Gérand, un gros barbare, Taslin, un jeune escuyer qui rêve devenir paladin, Andros, un trapéziste moustachu et Merton, un puissant Mage. On peut également chambouler la donne de départ en attribuant au hasard les points de compétence du perso.

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Lorsqu'on débarque dans le jeu, déjà petit couac, on a oublié son arsenal chez soi et il n'y a pas de PNJ bienveillant pour vous donner une épée, ni de marchand à disposition. Premier réflexe donc, trouver une arme, n'importe laquelle, même un balai bien ridicule qu'on aura soustrait par la force du poing à un pauvre servant.

Heureusement, Towers II est généreux en armes et même en items en tout genre (nourriture, objets magiques, manuscrits), si bien qu'il faudra rapidement faire un choix car le nombre d'objets à emporter est limité. Seule solution si on est surchargé en objets : des sacs qui augmenteront la taille de votre inventaire. Coté commandes, on peut au choix (mais pas en même temps, l'écran s'immobilise en mode interaction/gestion) soit combattre (avec arme ou sort), soit intéragir avec le décor (portes, mécanismes, items de toutes sortes...) et gérer un inventaire.

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Grâce aux nombreux boutons du pavé numérique, notre personnage a également dans la besace deux éléments indispensables à tout bon RPG : un tableau de compétences complet avec toutes les statistiques détaillées du personnage et une carte très utile qui se dévoilera au fur et à mesure de notre progression.

Coté graphismes, certes les ennemis sont très pixelisés et les environnements en 3d mappée ne sont pas très fins, ni très variés mais c'est de la 3d texturée, plutôt rare sur Jaguar, et le défilement de l'image est bon. Avec des petites chandelles qui illuminent les murs crasseux, l'ambiance de "dungeon crawler" bien glauque est assurée.

L'inventaire des Bonnes Surprises

La bonne surprise de ce Towers II, celle qui m'a fait adhérer au jeu, est la gestion de la barre de vie. Oui, elle descend vite, très vite et les items de santé sont rares.

On récupère de l'énergie avec le temps et surtout, il est possible de piquer un roupillon à tout moment (en dehors d'un combat bien sûr) et de refaire le plein de vie et de mana. En contrepartie, notre personnage aura à intervalle régulière des fringales. Il faudra veiller à avoir toujours dans son sac un morceau de fromage ou une pomme à croquer, sans quoi notre personnage ne pourra pas dormir et donc récupérer d'énergie. [spoiler : pour être définitivement tranquille, mettez la main sur le sort de création de nourriture].

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Au rayon des bonnes surprises également, le level design de la tour est tout simplement diabolique. Entre les montées, les descentes, les escaliers, les passages secrets, les trous qui nous font tomber un étage plus bas ou les miroirs, sortes de téléporteurs fous, il y a de quoi se perdre avec plaisir dans cet univers fermé et grouillant de monstres. En cas de difficulté, le repli vers les étages inférieurs pour se rassasier ou faire de l'xp est loin d'être une mauvaise idée.

Ensuite, il n'y a pas que des monstres à affronter mais aussi des clés à trouver, des tas de mécanismes à actionner, des casses-têtes, des énigmes et des pièges vicieux. Tout ce qui fait finalement que Towers II n'est pas juste un Hack'n Slash bourrin ou un Doom-Like déguisé mais bel et bien un RPG à part entière.

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Autre très bonne surprise, il est possible de sauvegarder à tout moment, ce qui était très rare pour un jeu console de l'époque.

Pour vous aiguiller, la "memory save" est une sauvegarde complète du jeu, le temps que la console soit allumée juste histoire de repartir après un game over. Une fois la console éteinte, la "memory save" disparaît, donc faites gaffe. La "cardridge save", la véritable sauvegarde du jeu, est à privilégier juste avant d'éteindre la console, elle conserve en effet l'essentiel (statut, level, inventaire et situation) et même un peu plus (principaux éléments du jeu en cours avec un respawn limité des ennemis à votre retour).

Attention, la difficulté est raide et monte d'un coup au quatrième étage avec des ennemis, les "élémentaires", quasiment invincibles. Veillez à courir vite, fouillez partout (pour trouver tous les sortilèges) et économisez la moindre des potions (surtout celles de lévitation) ! De mon coté, j'ai atteint le 12ème et dernier étage et battu l'affreux Daggan après une grosse trentaine d'heures de jeu. Courage à tous ceux qui se lanceront dans cette aventure !

Sur ce, j'y retourne en vous souhaitant à tous de longues heures de jeu et surtout une très bonne année 2013 !! :)

Towers II est un RPG solide sur Jaguar et mérite votre attention si vous aimez les challenges en bois de chêne (long et bien dur). Si par chance, vous en trouvez un car Towers II est un Graal très difficile à trouver et assez onéreux.


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le jeu présenté sur le site de l'éditeur : http://www.telegames.com/towers2.htm

la fiche du jeu sur AtariAge:http://www.atariage.com/software_page.html?SoftwareLabelID=1126

Posté par le barbu à 22:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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