01 février 2019

Cyber ​​Punk City

Skyhammer Box

Skyhammer

2000 - Songbird Productions (développé par Rebellion Software)

Shoot 3D

Blade Runner 2050

Dans cette bonne vieille cité de Jéricho, des bandes armées (légèrement toxicos et anarchistes) se disputent des pans de buildings titanesques, bardés de publicités luminescentes. C'est à bord de notre Skyhammer, un engin volant surarmé, qu'on va mettre tout le monde d'accord et faire notre trou dans le quartier à coup de bombes et de mitrailles.

Skyhammer1

Développé entre 1992 et 1995 par Rebellion, responsables d'Alien Vs Predator sur cette même Jaguar, Skyhammer vit sa sortie initiale annulée (Atari abandonnant la Jaguar) alors qu'il avait tout pour être commercialisé.

Difficile de croire qu'un tel jeu aurait pu rester lettre morte, tout au fond d'un tiroir, sans jamais être joué par quiconque. Heureusement, Songbird Production en décida autrement et racheta la licence du jeu à Rebellion pour le commercialiser en l'an 2000. 

De la Verticalité

Premier contact, premiers constats... Avec son ambiance à la Blade Runner, Skyhammer nous immerge littéralement au coeur d'une ville futuriste où l'horizon n'a pas le droit de citer. Les buildings, immenses, donnent le vertige ! Heureusement, notre vaisseau a la capacité de se mouvoir à 360° dans n'importe quel axe (un peu comme dans Descent ou G-Police), et d'arpenter à la verticale les constructions de verre et de lumière.

Skyhammer2

Une chose est certaine : la Jaguar est poussée dans ses derniers retranchements. Jamais jeu Jaguar n'avait proposé un environnement 3D aussi grand et aussi complexe, intégralement en textures mappées. Les bâtiments en imposent et l'immersion est facile quand bien même cela a vieilli (forcément, ça pixellise et les textures se répètent).

un Labyrinthe urbain

Devant de tels graphismes, l'animation souffre parfois, mais les ralentissements ne mettent jamais à mal une maniabilité étonnament intuitive. On peut tourner dans tous les sens sans jamais se perdre dans l'espace, et se rétablir en mode stationnaire pour abattre un bataillon d'ennemis face à nous.

Seul bémol avec la manette classique : pour straffer, on utilisera les boutons 4 et 6 du pavé numérique et il faudra un peu de temps pour s'y habituer. J'imagine qu'avec le pad pro controller et ses gachettes, c'est tout de suite plus simple.

M'enfin, la difficulté du jeu ne sera pas de manier le vaisseau mais plutôt de se repérer et de ne pas se perdre dans ces corridors urbains.

Skyhammer4

La ville a en effet un coté labyrinthique, avec culs de sac et tours de verre indépassables. Heureusement, on a droit à une carte, consultable à tout moment. Grâce aux étroits et tortueux couloirs, on pourra s'infiltrer incognito dans les quartiers et prendre à revers l'ennemi. Ou alors, on préfèrera peut-être atteindre les toits des immeubles (les plus petits) pour traverser plus rapidement la zone et atteindre directement notre objectif. 

Chez CyberMart, les prix sont smart !

L'idée géniale de Skyhammer, ce sont ces CyberMart, de précieux havres de paix disséminés sur toute la carte. Il s'agit de garages où l'on aura le loisir d'acheter tout ce que l'on désire : fuel, shield, armements, customs, munitions en tout genre... On pourra sauvegarder et faire le point sur nos gains ou sur la prochaine mission. Ce sont aussi et ça c'est la grande classe, des points de téléportation très pratiques contre monnaie trébuchante. 

map skyhammer

Se réfugier dans un CyberMart nous permettra donc de souffler entre deux missions et vu l'âpreté des combats, ce n'est pas de refus. Notre tableau de bord présente deux barres, l'une concernant le bouclier (elle se recharge, ce qui est bien sympa), l'autre étant notre barre de vie. Trois ou quatre tirs de rocket reçus et bye-bye notre bouclier, c'est alors notre barre de santé qui se fait alors bouffer à vitesse grand V... 

V comme "Vite, allons faire un tour au CyberMart".

Hammerhead, l'ultime coup de marteau sur la tête.

Concernant les missions, le jeu m'a fait penser, avec quelques années d'avance, aux jeux actuels comme les Assassin's Creed, les Batman ou même le récent Spiderman : une ville comme un petit monde ouvert et des zones à atteindre pour remplir les objectifs. Les missions aléatoires iront de la destruction de cibles(s) à la défense de tout un quartier, en passant par la récupération d'équipement. A la clé, de l'argent qui nous permettront de faire des emplettes au CyberMart.

skyhammer3

Après une bonne dizaine de victoires sans heurt, Skyhammer se transforme en un passionant jeu de conquête (et de défense) de territoire pour contrôler la ville. Les missions se diviseront alors en plusieurs étapes sur plusieures zones. Le but, le plus souvent, étant de détruire définitivement le noeud de communication ennemi ("node" en anglais) pour conquérir le quartier.

Surtout ne faites pas comme moi, ne confondez pas la Smart bombe avec les Smart missiles, ce qui m'a valu une bonne heure d'acharnement à utiliser des smart missiles contre un "node" increvable. Pour atomiser le "node", rien ne vaut la Smart bombe qui a la particularité de s'activer en appuyant sur A, B et C en même temps.

Au final, Skyhammer est-il un jeu parfait ? Je dirai presque... Il y a quelques bugs d'affichage, rien de bien méchant en soi. Et conquérir ne serait-ce que la première ville (sur les 3) est un challenge de très longue haleine. Gare au découragement ou à la lassitude. Heureusement, pour ceux qui manqueraient de patience, le mode "Battle" permet de se défouler sans se prendre la tête, en défendant sa zone jusqu'à la mort.

Avez-vous déjà vu votre Jaguar dans cet état ? Elle est toute retournée avec cette 3D intégralement texturée (avec goût en plus) et un déplacement totalement libre dans des villes futuristes, complexes et immenses...

Skyhammer en impose mais ce n'est pas juste qu'une prouesse de programmeurs, c'est aussi un excellent jeu sur Jaguar, ingénieusement pensé, au maniement parfait et à la durée de vie quasi-infinie.

Note_JagNote_JagNote_JagNote_JagNote_Jag

la fiche du jeu sur AtariAge : https://atariage.com/software_page.php?SoftwareID=2540

Posté par le barbu à 08:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


06 janvier 2019

Atlantic Rim

IS 2

Iron Soldier 2

1997 - Telegames (développé par Eclipse Software)

Shoot 3D

un nouvel ennemi

Alors que tout allait bien dans le meilleur des mondes, PENTA, une nouvelle organisation criminelle, menace avec son puissant arsenal la toute nouvelle démocratie mise en place. Il est temps, mesdames et messieurs, de ressortir notre Goldorak du garage...

IronSoldier2

Comme son nom l'indique, il s'agit de la suite d'Iron Soldier, un jeu qui nous permettait de piloter un mécha de la taille d'un building. Sorti en 1994, ce premier jeu avait su s'imposer comme une référence sur Jaguar et un challenge de tout premier choix pour les joueurs en quête de défis bien relevés. La suite initialement prévue en 1996 sous l'étendard d'Atari fut d'abord annulée avant d'être finalisée en 1997 par Telegames, qui prendra soin de l'éditer sous 2 formats : cartouche et CD.

On retrouve bien entendu tout ce qui faisait le succès du premier opus : villes en 3D où tout ce que l'on voit est destructible, mécha customisable de la tête aux pieds, engins de morts sur terre et dans les airs, missions variées... et bien sûr des améliorations attendues. Mais gare à ceux qui s'y essaieraient sans en être averti : la difficulté (déjà bien retorse dans le 1er) a été revue à la hausse...

Dead Zone ! 

Cette suite ne fait clairement pas dans le sentiment. C'est un déchaînement de poudre qui s'abat sur notre carcasse de métal et ce, dès la première portion de ville visitée. Entre autres ennemis, les redoutables Iron Soldiers qui se faisaient rares dans le premier (comme de vilains croquemitaines), sont désormais nombreux et nous agressent déjà dans les premières missions.

354659-iron-soldier-2-screenshot

Iron Soldier 2 est un jeu Hardcore, exigeant du joueur beaucoup de réactivité, un sens tactique certain... Et une grande résistance au découragement. Il arrive en effet qu'on meurt, en quelques secondes, à cinq mètres de l'objectif, après une bonne heure à gérer parfaitement sa barre de vie.

La chasse aux items (munitions et vie) s'avère donc primordiale pour survivre mais implique de détruire un maximum les bâtiments pour les trouver. Or ces mêmes buildings nous protègent souvent des ennemis et nous évitent d'avoir une armada qui nous tire dessus de tous les côtés (on redoutera d'ailleurs rapidement la moindre zone dégagée). La difficulté est de gérer territorialement sa progression : tout détruire, oui, mais intelligemment.

Iron Soldier 2 C

Comme toujours, la persévérance a du bon. Pour apprécier, je pense qu'il est primordial d'avoir jouer au premier opus avant. A la manière d'un sérieux entraînement, il nous prépare au mieux à cet Enfer sur Terre, en nous habituant aux commandes et aux objectifs.

Ghost in the Shell

Concernant les améliorations par rapport au premier, les textures mappées sont à la fête en habillant un maximum les ennemis et les éléments du décors (les bâtiments en particulier), sans qu'on perde une once de fluidité en terme d'animation.

Fini l'aspect ancien du premier avec sa 3D face pleine que certains jugeaient rudimentaire. On a aussi droit à de nouvelles armes (un gros fusil à pompe, un lance-grenade, un lance-rockets à tête chercheuse... J'adore !) et à de nouveaux ennemis, notamment ces SATYRS à deux pattes, particulièrement véloces, qu'on croirait tout droit sortis d'un Star Wars. On pourra même en incarner un en le débloquant !

354655-iron-soldier-2-screenshot

Les missions sont plus nombreuses aussi (20 missions, 16 pour le premier), toujours aussi variées (destruction massive, escortes, course-poursuite dans la ville, etc.) tout en étant plus longues qu'avant avec des zones plus élaborées et du coup, plus complexes à aborder. 

Pour cet épisode, hélas, il n'y a pas d'overlay ; vous savez, cette petite carte en plastique que l'on glissait sur le pavé numérique pour personnaliser les commandes... On pourra toutefois se servir de celle que l'on trouvait dans le premier jeu, pour changer d'armes facilement. 

Bigger, better, stronger, voilà ce qu'est Iron Soldier 2 !

Cette suite assure sur tous les plans, en tenant toutes ses promesses en terme d'action. Elle m'a aussi littéralement déssoudé du point de vue de la difficulté (du coup, je préfère le premier, plus abordable).

Iron Soldier 2 plaira donc à ceux qui aiment les challenges bien durs, en acier trempé ! Concernant les 2 versions du jeu : cartouche et CD; d'évidence, préférez la version CD, moins chère, avec des cinématiques en images de synthèse en plus.

Note_JagNote_JagNote_JagNote_Jag

la fiche du jeu sur AtariAge : https://atariage.com/software_page.php?SoftwareLabelID=1092

Posté par le barbu à 02:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

24 décembre 2018

Dossier : la série Tempest

En guise de gros cadeau de Noël, voici mon dossier (déjà paru sur Gameforever.fr) sur une des séries de jeux les plus réputées d'Atari, j'ai nommé Tempest. Et non, il ne sera pas question que de Jaguar dans ce dossier (sacrilège !), même si Tempest 2000 tient ici parfaitement son rang.

DOSSIER :

la série

TEMPEST

Ne réglez pas votre antenne de télévision, il s'agit bien d'un voyage dans un autre temps, dans une nouvelle dimension. 
Parler de Tempest (et des jeux qui ont suivi), c'est sans cesse évoquer la période des pionniers, celle de l'âge d'or des salles d'arcade. 

Il faut s'imaginer être en 1981, aux Etats-Unis, une époque où les jeunes se donnaient rendez-vous tous les vendredi soirs à la salle d'arcade. Une époque où ces teenagers, short court et chaussettes montantes, étaient cramponnés à leurs bornes et tentaient de faire, jusqu'à pas d'heure, du highscore. C'était une époque où le jeu d'arcade était Roi. 

TEMPEST : 

 
Affiche publicitaire d'époque présentant les bornes d'arcade 

En 1981, Dave Theurer est un des concepteurs de jeux vidéo les plus réputés. C'est un explorateur et un ingénieur passionné par les nouvelles technologies. Pour le compte d'Atari, il est déjà l'auteur de Missile Command, un shoot d'artillerie qui a fait un véritable carton en 1980 et s'occupera ensuite de I, Robot en 1983, un jeu qui intégrera pour la toute première fois des graphismes 3D avec des faces pleines colorées.

Entre temps donc, en 1981 , il s'essayera à la 3D vectorielle avec ce fameux jeu, Tempest, qui va marquer durablement les esprits. 

A la base, il s'agissait d'une bête commande de la part d'Atari qui voulait un shoot'em up en 2D, tout ce qu'il y a de plus classique. Dave Theurer préféra jouer la carte de l'originalité et puiser dans ses souvenirs d'enfance. Il se souvînt d'un film d'horreur avec des monstres surgissant hors du sol, par un trou. Pour le concept du jeu, il s'imagine que l'ennemi (habituellement en rang serré devant le vaisseau spatial) va surgir de l'obscurité, en nombre, pour surprendre le joueur. Et pour porter cette idée, la 3D est une option plus qu'intéressante. 

 
Dave Theurer, le concepteur de Missil Command et de Tempest 

A la sortie de Tempest, le choc fut rude. Aux coté d'un Pac-Man ne proposant que des pixels 2D sur fond noir, le terrain de jeu en 3D filaire donne au joueur une impression de relief, le plongeant au cœur de l'action. Bien sûr d'autres expériences 3D avaient déjà vu le jour en arcade, mais Dave Theurer va se servir de cette 3D non seulement pour impressionner la rétine mais pour créer un tout nouveau genre de Shoot, avec des commandes spécifiques : le Tube Shooter. 

tempest-screens

Quelques exemples des toiles ("web") présentes dans le jeu 

Reprenant le sempiternel concept d'invasion extra-terrestres, vu et revu depuis Space Invaders (1978), Dave Theurer implémente un terrain de jeu, une grille en 3D (ou "web", toile en anglais), sur lequel est rivé au bord de cette zone notre vaisseau, une étrange griffe jaune.

Cet avatar particulier tire des boulettes face à des rangées d'ennemis, aux formes géométriques variées, qui progressent sur les couloirs de la grille et grossissent à vue d’œil. L'originalité, outre la 3D, est que le parcours du vaisseau dépend des formes particulièrement variées des niveaux : on a droit à des cylindres, des plans inclinés, des half-pipe qu'aurait adorer les skaters etc... Au cours du jeu, lorsque la grille le permet, il n'est pas rare d'avoir la tête en bas et de faire des 360°.

Pour toutes ses sensations renversantes, la borne propose des contrôles parfaitement adaptés, puisqu'en lieu et place du classique joystick, il y a une manette rotary (un gros bouton qui tourne). Cet ajout est loin d'être négligeable car il procure au joueur un sentiment de précision ; alors même que la griffe jaune se déplace rapidement. 

 
Le niveau 9 : une toile en forme d'escalier. 

Une fois le premier niveau terminé, la griffe jaune se projette vers l'avant pour accéder au deuxième niveau qui revêt une forme nouvelle, à laquelle il faudra s'adapter. L'addiction tient, au départ, autant à la brièveté et à l'intensité des niveaux qu'à la découverte et à l'appréhension de ces nouvelles grilles (au nombre de 16, se répétant cycliquement jusqu'à 100 en changeant de couleur ou même en devenant invisible). Il y a la possibilité excellente de pouvoir choisir son niveau parmi les premiers ou de repartir sur le dernier niveau débloqué. 

Pour augmenter la difficulté, Dave Theurer introduit de nombreux ennemis aux comportements distincts : leurs attaques et leur déplacement propres impliquent de s'adapter. Pour ne citer que les principaux (que l'on retrouvera d'ailleurs dans les suites du jeu), il y a : 

-Les « Flippers » qui sont des ennemis de base, en forme de nœud papillon. Ils peuvent tirer ou vous attraper une fois sur le même plan que vous. 

-Les volumineux « Tankers », qui une fois touchés, se divisent en 2 flippers. 

-Les « Spikes » qui produisent des lignes sur leurs couloirs, les rendant mortelles si jamais vous finissez le niveau et que vous vous projetez vers l'avant. Il faudra donc impérativement détruire les « Spikes » et détruire petit à petit leurs lignes pour dégager le terrain. 

-Les « Pulsars » qui sont les ennemis les plus dangereux. Ils se déplacent lentement comme les « Flippers », se font presque oublier et créent parfois un puissant arc électrique rendant le couloir sur lequel il se trouve mortel durant quelques secondes. 

Une fois par niveau dans les moments chauds, on pourra user du SuperZapper, une smartbomb qui nettoie tout l'écran sous une pluie d'éclairs. 

 
Le jeu d'arcade version table cocktail 

Tempest sera un immense succès, devenant même un des jeux emblématiques de la marque Atari. On a affaire à un jeu à la fois amusant dès les premières secondes et éminemment tactique lorsqu'on a passé les premiers niveaux. On pourrait presque le rapprocher à un puzzle game, un peu énervé, faisant appel autant aux réflexes qu'à la réflexion.

Tirer sans cesse et tourner comme un malade autour d'un tube, sans réfléchir est tout à fait possible, voire même très amusant, grisant et défoulant. La technique de « l’essuie glace fou » (droite, gauche sans fin) est également très efficace, mais la difficulté du jeu vous obligera à penser différemment votre stratégie. Le jeu offre des possibilités bien plus grandes que les premiers instants le laissent présager, notamment lorsqu'on comprend quelques subtilités pour se déplacer à pas de loup (que je tairai ici). 

Jouer à Tempest, c'est perdre progressivement ses mauvaises habitudes comme : 
aller trop vite, ne pas regarder ou compter sur la chance. 

TEMPEST 2000 : 

 
Visuel de Tempest 2000 

En 1993, espérant revenir sur le devant de la scène, Atari lance sa Jaguar, une console de salon 64-bit. Opportunément, la firme au mont Fuji va relancer les licences de ses vieux jeux d'arcade du début des années 80 et démarrer, avec une décennie d'avance, la mode du néo-rétro. 

Et celui qui va incarner le mieux cette mode, c'est Jeff Minter, un concepteur de jeu vidéo génial, et un peu en marge. C'est un hippie revendiqué, amoureux des ruminants au point d'avoir un cheptel de moutons et de lamas dans son jardin au fin fond du Pays de Galles. 

 
Jeff Minter, son pull et un mouton 

Cette passion ne s'oppose pas à son goût pour la programmation informatique, il fonde la société Llamasoft en 1982 et crée des dizaines de jeux sur les ordis 8 et 16 bit de l'époque. Des jeux à l'humour particulier pleins de ruminants donc, avec des clins d’œil faits au joueur en brisant régulièrement le quatrième mur.

Et comme il vénère Tempest et les vieux jeux d'arcade, on va retrouver des idées de gameplays similaires dans ses productions : shoot avec scoring débridé et courbe de progression éminemment étudiée pour rendre le jeu addictif. Des jeux barrés, certes, mais terriblement bons au point qu'une petite et solide communauté de fans s'organisent autour de ses productions et de sa personne. 

 
Tempest 2000 sur Jaguar

Atari le choisit donc pour la réactualisation de Tempest. La Jaguar promettant l'expérience nouvelle de la 3D, Jeff Minter accepte le défi et va faire de ce jeu, son jeu ultime, celui qui va rendre un vibrant hommage au jeu de scoring, alors en voie de disparition (l'époque est à la scénarisation et aux cinématiques) et celui qui va troubler au plus haut point le joueur en quête de nouvelles sensations. 
Respectant le cahier des charges d'Atari, le jeu comprend deux versions du jeu original : la classique et celle avec des bonus (Tempest+), un mode 2 joueur et la version 2000 qui n'est pas un remake mais bel et bien la suite de Tempest. 

Cette version 2000 porte en elle un génial paradoxe temporel : c'est classique et résolument moderne à la fois. Le jeu remet au goût du jour la formule de Dave Theurer en introduisant une vitesse et une frénésie saisissante, rehaussée par une bande son techno typique des années 90, qui va à merveille avec le tir cadencé de notre griffe jaune.

 
Sur un fond noir étoilé, la 3D vectorielle arbore désormais des textures en gouraud shading (des surfaces de couleurs avec un effet d'ombrage) et les grilles ont des formes de plus en plus folles. Les ennemis à peine plus détaillés qu'avant explosent dans une myriade de pixels, inondant l'écran au point de le rendre parfois illisible (c'est une des signatures visuelles de Jeff Minter). Et surtout le programmeur introduit, en plus de nouveaux ennemis, des bonus qui vont chambouler le gameplay de Tempest. 

 
Les annonces envahissent joyeusement l'écran

Grâce à ces items, on pourra améliorer son tir, scorer d'avantage, sauter, se faire aider et accéder à des warp-zones nous téléportant dans des niveaux plus loins. 

En plus de dynamiser l'action, la possibilité de sauter vers l'arrière permettra de se sortir des situations les plus périlleuses. On aura droit aussi à un allié, l'AI droïd qui viendra nous sauver la mise en tirant à nos cotés. Mine de rien, ces ajouts intensifient une action déjà pied au plancher et multiplient les possibilités de survie dans des niveaux de plus en plus retors. 

Alors qu'Atari eux-mêmes ne croyaient pas en l'avenir du jeu (les graphismes abstraits ne plaisaient pas aux décideurs, qui l'ont fait savoir à Jeff Minter alors en plein stade de développement), le jeu sort le 13 avril 1994 et redonne espoir aux possesseurs de la Jaguar (en manque de jeux) et à la presse américaine (qui l'encense tout particulièrement). Le jeu est un succès (à l'échelle de la Jaguar), et se verra adapter sur Saturn et sur PC en 1995 ; ainsi que sur Playstation en 1996, dans une version signée High Voltage Software, up-gradée en niveaux et en effets visuels, sous le nom de Tempest X-3.

Il gagnera surtout au fil des ans des galons de véritable chef-d’œuvre, LE jeu ultime de Jeff Minter, un des "1001 jeux vidéo auxquels il faut avoir joué dans sa vie" d'après l'ouvrage de référence signé Tony Mott. En 2007, il fera même l'objet d'un excellent remake amateur sur PC : un freeware nommé Typhoon 2001. 
Le monsieur chevelu, de son coté, va s'employer à surfer sur la vague, et sur le half-pipe, avec des suites de plus en plus allumées et des jeux s'en inspirant fortement. 

TEMPEST 3000 : 

 
Boîte de jeu de Tempest 3000 

Avec le passage de l'année 2000 (une année qui disqualifie le caractère futuriste de Tempest 2000 du coup), Jeff Minter, hippie jusqu'au bout (et qui a toujours eu le nez creux pour choisir ses consoles), va soutenir une étrange machine : une hybridation ratée entre la console de salon et le lecteur de DVD standard. Il s'agit du Nuon, une bestiole sans avenir, aux capacités pourtant comparables à celles de la Dreamcast, mais qui n'aura absolument aucun succès et n'aura en tout et pour tout que 9 jeux dans sa ludothèque. Et parmi les 9 jeux, il y aura l'exclusif Tempest 3000, une rutilante suite à Tempest 2000 toujours signé Jeff Minter et sous licence Hasbro (ils détiennent la marque Atari à cette époque). 

 
Quand ils ne tournent pas sur eux-mêmes, les niveaux se déforment. Ici, le fameux niveau en escalier

En plus d'être, haut-la-main, le meilleur jeu de son support, Tempest 3000 est un véritable OVNI vidéo-ludique, à même de subjuguer le joueur... Parmi les nouveautés, le jeu propose des zones de jeu mobiles, qui se déforment, un tir de missile, de nouveaux ennemis en pagaille et une multitude d'effets psychédéliques envahissant une image déjà bien chargée. Pour l'anecdote, Jeff Minter ne voulait pas qu'un seul pixel apparaisse à l'écran. Il y est parvenu avec des textures qui vibrent de mille couleurs. 

Néanmoins, les plus critiques estiment que le jeu n’atteint pas la perfection de ses aînés : la faute a un framerate parfois poussif, et à un rendu d'image, certes sans pixel, mais particulièrement flou ; ce qui rend l'action confuse dans les niveaux les plus avancés. Des défauts qui n'éroderont pas l'enthousiasme de la majorité des chanceux qui se sont essayés au jeu.

Hélas, le support s'étant très mal vendu, Tempest 3000 tombera (à tort à priori) dans l'oubli. 

Or difficile d'oublier Tempest tant il est intimement lié à Jeff Minter, quoiqu'il fasse. En 2007, il sortira avec son compère Ivan Zorzin, Space Giraffe sur Xbox Live Arcade. Même si cela ressemble fortement à du Tempest, avec des tubes, le YAK (le surnom de Jeff Minter) noiera le poisson sur la filiation avec trois idées originales de gameplay : l'utilisation du deuxième stick de la manette pour diriger le tir, la power zone, zone de défense qui nous rend invincible face aux ennemis de base et le coup d'épaule au premier plan pour décaniller les ennemis.

Et puis la griffe sur le bord du terrain n'est pas une griffe mais une giraffe cosmique, donc... Ce n'est pas du Tempest... 

TxK : 

 
Visuel de TxK

Sept ans plus tard, Jeff Minter (toujours associé à Ivan Zorzin) revient sur console avec la ferme intention de fêter les 20 ans de Tempest 2000 avec une suite digne de ce nom. Le jeu se nommera TxK et paraîtra donc sur PS vita en 2014. Il reprend l'idée des zones de jeu mouvantes ou qui s'enchevêtraient dans Tempest 3000, avec un résultat nettement plus lisible. Les graphismes, tout en restant très beaux, sont dépouillés et clean. 

En plus de nouveaux ennemis comme ces atomes qui explosent en déformant l'image lorsqu'on les shoote, un nouveau bonus égaye les mirettes et rend la partie encore plus frénétique. Il s'agit du BEAUTY, une invincibilité de quelques secondes qui se traduit à l'écran par deux barres de néons roses explosives de chaque coté de la griffe. Le résultat est "tripant". 

 
Le level 7 de TxK

Quand elle ne salue pas juste un très bon jeu, la presse est dithyrambique. Même les sites français de jeux vidéo, pourtant peu portés sur les jeux du lama, y vont de leurs petits mots doux (16/20 sur JV.com, 7/10 sur Gameblog). Le jeu se retrouve dans les tops en fin d'année, notamment chez les Inrocks. 

Et pourtant, il y a comme un problème. Cette exposition médiatique et l'annonce de la sortie de TxK sur les consoles de salon (avec la possibilité d'y jouer avec le casque VR), vont réveiller Atari SA (anciennement Infogrames) et son armada d'avocats. Jeff Minter va recevoir une longue lettre argumentée, (avec photos à l'appui et citations de la presse présentant TxK comme la suite de Tempest 2000) le menaçant de poursuites judiciaires pour violation de la propriété intellectuelle.

Jeff Minter va se servir de Twitter comme d'une tribune pour dire tout le mal qu'il pense d'Atari SA (qui pour lui n'est qu'un prête nom sans rien derrière). Il dira son écœurement d'être accusé de plagiat de Tempest 2000, alors qu'il en est lui même l'auteur. Atari ayant les droits de la franchise Tempest, Jeff Minter est bien obligé de céder et annule les sorties consoles de TxK. 


TEMPEST 4000 : 

 
La boîte PS4 de Tempest 4000 

A la surprise de tous, en 2017, Atari et Jeff Minter (qui ont fumé ensemble le calumet de la paix) annoncent collaborer à nouveau. Ils sortent Tempest 4000 le 17 juillet de l'année suivante sur Ps4, Xbox One et PC. Sans même en avertir Llamasoft, Atari en profitera pour l'inclure dans le line-up de l'Atari VCS, sa steam-machine alors proposée en pré-commande. 

Le résultat s’avérera être une refonte améliorée (en mode 4K, plus belle et plus nerveuse) de TxK. Seulement, l'accueil se fait plus froid. Ce n'est pas du mépris mais de l'indifférence, ce qui est parfois pire. 

Et il y a des raisons. Le support VR promis à l'époque de TxK a été écarté. Le prix à la sortie oscille entre 19,90€ et 29,90€, ce qui paraît excessif au regard des jeux similaires sur les plates-formes de téléchargement. Et la version PC connaît quelques problèmes de compatibilité, ainsi que l'absence d'un support souris et l'impossibilité de configurer les commandes (ce qui provoquera un rejet d'un bon tiers des joueurs sur Steam).

La presse mondiale annonce la sortie du jeu mais n'en fait pas de review (estimant peut-être qu'il n'y avait rien de nouveau sous le soleil), et le jeu passe inaperçu en dehors des sites anglo-saxons spécialisés dans les jeux indépendants (et ho, comme c'est bizarre, majoritairement conquis). 

 
Le BEAUTY 

Or s'il y a bien une version qui fait la boucle avec le premier opus, c'est ce Tempest 4000. Il s'agit de l'itération la plus complète de la formule, un dosage parfait pour une addiction terrible (le tableau mondial des scores ajoute une grosse pincée de challenge). Le jeu intègre ce qu'il y a de mieux dans les 3 premiers avec les nouveautés imparables de TxK. 

Comme dans un juke-box, on retrouvera la bande son complète, électrisante, de la version Jaguar, une musique remixée ainsi qu'une sélection de musiques chill et techno un brin modernes de TxK. On pourra choisir la musique avant de lancer la partie en appuyant sur Y ou triangle suivant la console (à noter que cette manipulation toute simple n'est indiquée nulle part !).

Le plus étonnant est que suivant la musique choisie, on jouera différemment à Tempest. On se mettra au diapason avec le rythme de la musique. C'est dire son importance. 


CONCLUSION :


L'emblématique griffe jaune ("The Claw") de Tempest

En 40 années de jeux vidéo, la série des Tempest a connu une évolution remarquable sans même prendre le temps de regarder ce qu'il se faisait autour. Chacune des réactualisations est un décalque augmenté de la dernière mais sans qu'aucun jeu ne s'annule. C'est une addition experte, une recherche alchimique qui aboutit forcément au jeu ultime.

Un dosage parfait.

Posté par le barbu à 09:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 septembre 2018

Dans le temple mystérieux du circuit imprimé...

Jeff Minter Classics

Jeff Minter Classics

2017 - AtariAge (développé par Llamasoft)

Shoot them up

YAK, YAK, YAK !!!

Alors que l'incroyable Tempest 4000 vient de sortir sur les nouvelles consoles, signant comme au bon vieux temps de la Jaguar une alliance (inespérée) entre Jeff Minter et Atari, il est temps pour moi de vous parler de la compilation que nous a concocté AtariAge l'année dernière.

Cette compilation regroupe deux jeux (trois si on débloque Grid Runner avec un code secret); des productions emblématique made in Llamasoft, la société du plus hippie des programmeurs, j'ai nommé Jeff Minter aka le YAK aka Dieu pour les Ataristes de tous crins. 

Jeff Minter Classics1

Revenge Of The Mutant Camels (version Atari ST) et Llamatron: 2112  nous sont donc proposés sur une seule cartouche dans une somptueuse boîte. La double couverture est magnifiquement illustrée d'un dromadaire pour la face A, et d'un lama pour la face B (deux des ruminants préférés du YAK). Tous deux sont à l'entrée d'un mystérieux temple pavé des motifs d'un circuit imprimé... Cerise sur le chabichou, le manuel en papier glacé est en couleur et nous avons droit à un poster. Packaging is perfect !

Le dromadaire qui fume une Camel 

Pour parler du premier jeu, Revenge Of The Mutant Camels, fermez les yeux, détendez-vous et imaginez un dromadaire dans un désert bleu. Il croise des cabines de téléphones anglaises. Au fond, en guise de paysage, il y a des Lynx et des Game Boy géantes. Le dromadaire est armé et tire des boulettes sur tout ce qui bouge.

Et tout ce qui bouge, ça peut être des kangourous surfers, des moutons tueurs, des MIG-29, des vaisseaux de Star Trek, des téléphones roses, des fantômes de Pac-man, des nuages qui font pleuvoir des têtes de chiens et j'en passe et des meilleurs... 

Jaguar_JeffMinterClassics2

Vous pouvez ouvrir les yeux... Derrière cette blague, la patte du fameux chevelu qui signera toute sa carrière une lampée de jeux barrés. Le délire se traduit donc par la myriade de choses qui envahissent l'écran : des items à gogo aux ennemis en passant par les tirs de toutes parts, phonogrammes et cascades de points. Les bruitages de chèvres et digits vocaux troublants sont également de la fête.

Le maniement est étrange : le dromadaire tire sans discontinuer, les flèches permettent de déplacer l'animal à bosse tout en variant la direction du tir. On peut se mélanger les pinceaux au début, notamment lorsqu'on prend un malus qui inverse les commandes ou lorsqu'il s'agit de tirer vers le haut sans sauter (pour s'interdire de sauter tout en tirant vers le haut, il faudra maintenir un bouton).

Mais comme c'est bien fait, on s'habitue à tout. D'autant qu'on peut choisir de se faire aider par un bouc (un allié surpuissant) pour découvrir les niveaux sans aucun stress. Au final, ce WTF finement débile achève par faire son office d'aspirateur thermonucléaire de neurones. Addiction coupable !

Le Lama Cyberpunk est de sortie !

Pour le second, il s'agit d'un remake de Robotron: 2084, un vieux classique de l'arcade eighties nous mettant au coeur d'une arêne blindée de robots méchants, avec comme arme un tir multi-directionnel.

Llamatron: 2112 remplace les vilains robots à azimuter par des trucs du quotidien, tout aussi menaçants : rouleaux de papier toilette, canettes de coca cola, hamburgers mutants, joysticks énervés, smileys pas contents.

Jeff Minter Classics3

Et notre héros du futur tirant dans tous les coins est désormais un lama. Oui, l'animal au long cou, avec sa tête de porte-bonheur et dont le crachat est légendaire.

Son but : détruire les ennemis, et sauver les autres ruminants qui broutent (style dromadaires ou boucs) au beau milieu de la mêlée.

La bande son reprend à son compte les bips bips du jeu original, tout en les mélangeant à des "meuh" de vaches et "des bêê" de moutons. Oui, oui, on on retrouve bien la pattoune du YAK. Toujours. Il revisite à sa manière le classique de 1982... Mais sans pour autant bouleverser la formule.

Llamatron: 2112 n'est pas une suite améliorant le concept de base, comme a pu l'être par exemple Tempest 2000, mais un pastiche frais, avec des glaçons et une touillette. Le résultat à l'écran est à la fois doucement improbable et très amusant avec une courbe de difficulté aux petits oignons.

L'Easter Egg Ultime

Sachez qu'on peut up-grader la cartouche avec un jeu caché, un des premiers succés du hippie sur ordi 8-bit dans sa version Atari ST : Grid Runner. Pour ça rien de plus simple, il suffit de lancer Revenge of the Mutant Camels et de taper dans les passwords pour accéder à un niveau : "modern day wizardry". Un "Yes" se fera entendre, vous pourrez rallumer la console et constater que l'écran de sélection des jeux a légèrement changé. 

Jeff Minter Classics4

Pour ce qui est de Grid Runner, c'est un cadeau fait à tous les joueurs, un shoot them up plus sobre que les précédents, et peut-être, quelque part plus exigeant coté réflexes. Le jeu se présente sous la forme d'une grille où l'on peut se déplacer partout. Et heureusement d'ailleurs car l'ennemi (de type chenille qui se racourcit ou se divise au contact de notre tir, comme dans Centipede) arrive des quatre coins du niveau : devant, sur les cotés, derrière. Il faut être sacrément vigilent.

Heureusement, on a un module qui tire sans discontinuer et que l'on peut placer n'importe où dans le niveau en mode statique. Parfait pour la défense. On peut également le conserver à la tête de notre vaisseau pour amplifier notre tir.

Grid Runner est un ensemble d'idées novatrices et géniales qui illustrent toute l'ingéniosité de Jeff Minter pour nous sortir du sempiternel shoot, celui où l'on tire sans fin et sans réfléchir, calé en bas de l'écran. Sa difficulté nous oblige à nous adapter sans cesse face à l'adversité, en se repliant dans des coins plus tranquilles ou en concentrant notre tir sur une zone, de la même manière que lorsqu'on joue à Tempest.

Véritable cadeau fait aux amoureux de la Jaguar et aux fans de Jeff Minter (ce sont souvent les mêmes), cette compilation hirsute mérite amplement de faire partie de votre ludothèque.

Elle permet de voir toute la folie qui anime depuis des décénnies le barbu et de mesurer le taux de fun élevé, très élevé et parfaitement intact de ses oeuvres. 

Note_JagNote_JagNote_JagNote_JagNote_Jag

la fiche du jeu sur AtariAge : https://atariage.com/store/index.php?l=product_detail&p=1109

jeff-minter

le YAK

Posté par le barbu à 19:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

04 mai 2018

Émulation : Zzyorxx II et Phoenix Emu Project attaquent la jaguar !

Lâchons nos pads et parlons émulation. Oui, je sais, c'est mal ! Mais nier l'émulation, c'est nier son importance dans la sauvegarde d'un patrimoine vidéo-ludique, délaissé depuis des décennies. C'est oublier qu'elle peut sensibiliser les curieux de passage au fauve d'Atari et à d'autres consoles moins connues.

Phoenix Logo

En plus d'être un excellent émulateur 3DO, Phoenix Emu Project s'est attaqué en 2017 à la Jaguar avec un taux de compatibilité plus que flateur (l'auteur affirme atteindre les 95% des jeux commerciaux), et des performances prometteuses. L'ensemble des jeux cartouches sont donc émulés (sauf AirCars, bizarre, bizarre). Pour en avoir testé quatre ou cinq, il y a quelques glitchs, un framerate (sur mon PC en tout cas) un peu bas, et coté son, ça buggue sévère mais je trouve l'initiative et le resultat excellents. C'est vraiment prometteur.

Phoenix emulation 1

Alors, la version que j'ai est intégralement en russe et si vous vous y essayez, il vous faudra le fichier BIOS de la console pour faire fonctionner l'émulateur. Je ne laisse pas de lien, car je n'ai tout simplement pas trouvé de site officiel (et j'ai un doute sur un site nommé Phoenix qui a un projet d'émulation multi-plateformes, mais dont les fichiers présents ne correspondent pas à ceux que j'ai...). En revanche l'émulateur est facilement trouvable sur les sites d'émulation de référence. Je vous laisse farfouiller sur le net si ça vous intéresse. 

------------------------------------------------------------------------------

Après la visite du musée virtuel, maintenant on parle pure archéologie vidéo-ludique : Zzyorxx II.

Pour l'Histoire, après le super jeu de moto Super Burnout sorti en 1995, les français de Virtual Xperience se lançèrent dans le développement de deux jeux : un jeu de plates-formes 2D à la Rayman, Indiana Jag (avec un Jaguar en guise de personnage !) et un magnifique shoot 2D à défilement vertical, j'ai nommé Zzyorxx II. Prévus exclusivement sur Jaguar, les 2 jeux furent finalement annulés, la faute à l'absence de soutien d'Atari, qui axa sa politique (suicidaire) sur les jeux en 3D. 

Les fichiers d'une démo de Zzyorxx II, ainsi que d'une preview de Burnout ont été retrouvés récemment grâce au National Videogame Museum (http://www.nvmusa.org).

Et les deux roms finalisées par CyranoJ de Reeboot sont à télécharger sur le forum AtariAge : http://atariage.com/forums/topic/278134-zzyorxx-ii-and-burnout-preview-released/

A noter que Phoenix émule très bien la rom de Zzyorxx II (Project Tempest aussi mais sans les ennemis) :

Nouvelle image bitmap

Ne vous attendez pas à un jeu fini, c'est une démo qui présente deux vaisseaux, un fond et quelques ennemis qui apparaissent pendant une dizaine de secondes. M'enfin, ça laisse rêveur à la vue de ces graphismes hauts-en-couleurs.

Posté par le barbu à 13:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


09 janvier 2018

Ground control to Major Tom

zero 5

Zero 5

1997 - Telegames (développé par Caspian Software)

Shoot 3D

Space oddity

Dans les cercles très fermés (obscurs et enfumés) des Jaguaristes, Zero 5 jouit d'une solide, excellente et néanmoins inquiétante réputation... Celle d'un jeu dur sur l'homme, séparant le bon joueur du mauvais, le fan du profane, le vrai du faux. 

Zero 5 - Screenshot

Une sorte de Tempest 2000 hardcore, à la difficulté sauvage et presque indomptable, un jeu qui vous rentre dans le lard comme aucun jeu ne l'aura fait auparavant sur Jaguar.

Take Control

Une invasion extra-terrestre, une de plus ! Sur ce postulat antédiluvien, Telegames nous convie à un shoot 3D rythmé par une techno brutale et n'ayant que faire des sentiments et des histoires. Au menu : 15 longues missions suivant trois modes de jeux. On commence par le shoot avec une vue derrière le vaisseau (nommé BAM BAM dans le jeu), lequel en statique ou presque, tire sur tout ce qui bouge.

Alors même si tout est scripté comme dans un bon vieux rail shooter, la caméra prend ses libertés pour dynamiser l'action, tantôt elle se colle à l'arrière train du vaisseau, tantôt elle laisse notre engin errer loin dans l'espace.

Résultat de recherche d'images pour "zero 5 jaguar"

On a ensuite droit à du shoot en free 3d, à la manière d'un Wing Commander. A bord d'un gros vaisseau équipé de quatre canons et d'un précieux radar, on a la possibilité de tourner à 360° pour descendre les ennemis qui nous assaillent de toute part. 

Et puis il y a le mode "tunnel", où l'on est lancé à grande vitesse dans des galleries sur la surface d'une base orbitale, genre "assaut sur l'Etoile Noire". Un passage qui décoiffe : la vitesse est hallucinante avec un nombre important d'obstacles et la possibilté d'avoir la tête en bas. 

Hot Spicy

Chacune des missions proposées est un challenge de taille : longue, garnie en ennemis nous attaquant de tous les cotés, sur un rythme martelé par une musiqué déchaînée. Notre barre de vie descend vite et la moindre erreur de visée est sanctionnée lourdement. 

La difficulté est telle qu'elle nous obligera à aiguiser des réflexes de l'impossible. Il faudra également user intelligemment des power-ups, dont le système a le grand mérite d'être peu conventionnel. C'est en effet à nous de dire durant la partie ce que nous apportera tel power-up et de jongler entre puissance de tir, santé ou points. L'arme spéciale (un laser continue) n'est pas non plus un gadget, l'utiliser avec parcimonie, au bon moment, sera un gage de survie.

Zero 5 - Screenshot

Finir la 1ère mission est en soi un petit exploit qui signe presque votre expertise dans le jeu, comme un adoubement. Vous avez compris ce qu'il faut faire. Maintenant, place aux choses sérieuses ! Après plusieurs heures de jeu, où se cumulent joies intenses et hautes frustrations, j'ai fini par atteindre la cinquième mission, soit le tiers du jeu !

Et ce n'est pas faute d'y avoir joué, Zero 5 a un coté "t'es pas cap d'y retourner" qui titille bien et fait qu'on enchaîne les parties malgré les Game Over qui se succèdent. Comme récompense, débloquer une mission en la finissant permettra d'y jouer à volonté, juste pour le plaisir, et de s'améliorer.

Adrénaline

La réalisation oscille entre une 3D primitive face pleine, qui pour les mauvaises langues serait indigne de figurer sur Playstation, et une animation ébouriffante, fluide et véloce, nous basculant rapidement dans la 4ème dimension.  Le seul défaut notable pour ma part, est qu'il est parfois difficile de bien se rendre compte des directions de notre tir et des ennemis (essentiellement sur le premier mode de jeu), surtout lorsque ces mêmes ennemis tournent autour de nous. On va dire que cela fait partie de la difficulté.

Résultat de recherche d'images pour "zero 5 jaguar"

Et puis merci... ô grand merci à l'absence d'auto-fire ! L'action sur fond noir est rythmée par le martellement que l'on occasionne sur le bouton tir et les explosions successives des ovnis et autre worms de l'espace.  La techno et les voix digitalisées ajoutent à l'ensemble une haute dose de frénésie, une intensité qui nous laisse au bord du gouffre, à chaque seconde, alors que la difficulté augmente... 

En libérant des sensations sans filtre, Zero 5 fait un drôle de pont entre lui et Space Invaders de 1978, comme si aucun autre jeu, pas même un Mario, n'avait existé entre. C'est assurément le jeu le plus dur sur ce support, et l'un des plus gratifiants aussi, la moindre des victoires procurant une joie intense et l'envie tenace de continuer à jouer.

Note_JagNote_JagNote_JagNote_Jag

la fiche du jeu sur AtariAge : https://atariage.com/software_page.php?SoftwareLabelID=1116

Posté par le barbu à 00:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 janvier 2018

Mon score sur Zero 5

92.055 pts

en enchaînant les 4 premières missions sur l'indomptable Zero 5.

92055 pts Zero 5

 

Bientôt le test ! ;)

Posté par le barbu à 11:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

19 octobre 2017

Jaguar is not dead !

la Jaguar n'est pas morte !

3 nouveaux jeux sont à paraître en novembre :

2017_PRGE_Jaguar_Games

Jeff Minter Classics (une compile de 2 jeux Llamasoft), Escape 2042 (le jeu d'infiltration d'Orion) et Astrostorm (un Asteroïd like) seront disponibles sur le site AtariAge, qui a pris soin de les éditer : https://www.atariage.com/

!!! ILS SONT DESORMAIS DISPONIBLES EN PRE COMMANDE !!!

Posté par le barbu à 08:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 avril 2017

1.894.135 !!

Partie mémorable sur Defender 2000 qui s'est terminée avec fracas au niveau 38.

Au final 1 894 135 pts et un peu de tachycardie :).

Highscore Defender 2000

Posté par le barbu à 21:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 mars 2017

Earth Defence Force 3048

defender

Defender 2000

1995 - Atari (développé par Llamasoft)

Shoot

Jeff Minter is Back

Après le détonnant et culte Tempest 2000, Monsieur Jeff Minter a remis au goût du jour un autre grand classique des salles d'arcade : j'ai nommé le mythique Defender. 

defender2000_title

Conçu à l'origine par Eugene Jarvis pour Williams (et non pour Atari) et paru en 1981, Defender fut surtout le premier shoot à défilement horizontal. On avait la possibilité d'aller à gauche et à droite. Il fallait outre éliminer la menace ennemie comme dans tout bon shoot, protéger avec l'aide d'un radar des petits bonshommes en contre-bas.

Si on n'y prenait pas garde, ces pauvres hères se faisaient kidnapper par les Aliens. On pouvait alors détruire ces odieuses créatures et récupérer nos bonshommes en plein vol pour les déposer sain et sauf sur la terre ferme (et faire plein de points).

Flower Power

La formule utilisée sur Tempest avait divinement bien marché et sur une Jaguar en fin de vie, Jeff Minter a eu les coudées franches pour faire à peu près ce qu'il voulait... Et en effet, il a fait exactement ce qu'il voulait... Sans aucune retenue !

Car sous ses dehors de shoot sérieux et martial, se cache en réalité un défouloir psychédélique complètement barré. De quoi dérouter le commun des joueurs... Même ceux qui avaient adoré Tempest 2000 !

defender Jeff Minter

Ce décalage est pourtant typique des productions Llamasoft. Rappelons que la société de Jeff Minter s'est fait connaître avec des jeux décalés, aux noms plus qu'évocateurs : Attack of the Mutant Camels, Sheep in Space, Metagalactic Llamas Battle at the Edge ou dernièrement, Space Giraffe sur le Live Arcade de la Xbox 360.

Une collection de jeux dont Tempest 2000 serait à priori le représentant le plus abordable. Du coup, Defender 2000 n'a rien d'étonnant si on connaît le pédigré de son concepteur. 

Du classique revisité

La cartouche propose 3 versions du jeu. Des 3 versions proposées, la classique est celle qui se rapproche le plus de ce qu'on trouvait sur borne d'arcade. Et pourtant Mr Minter a mis son grain de sel en incorporant des effets lumineux et des explosions (très réussies) de sprites. Efficace, le gameplay reste inchangé depuis les origines et fait se rendre compte à quel point Defender était un shoot particulièrement intense et abouti.

defender2000_3

Avec Defender Plus, on rentre cette fois-ci dans la quatrième dimension avec l'utilisation de portails (sous la forme de cubes bleus) pour explorer des niveaux parallèles. Le jeu, se jouant toujours sur fond noir, s'en trouve bouleversé puisqu'on perd rapidement ses repères, ne sachant plus trop où on se trouve. Tout en restant classique dans le fond, l'expérience de jeu est renouvelée et intéressante.

Place à la version qui nous occuppera le plus : la version 2000. Elle propose des graphismes en 2d avec des décors variés et détaillés. Nos tirs sont multicolores et les petits bonshommes au sol gigotent comme des épileptiques. Ils hurlent à la mort lorsqu'ils se font chopper par les extra-terrestes. Notre mission, inchangée d'une version à l'autre, sera bien entendu d'en sauver un maximum. 

maxresdefault

Originalité de la version 2000, si par malheur, il n'y a plus un seul survivant, il n'y a pas de game over. L'écran devient alors complètement fou et notre vaisseau se retrouve au beau milieu de l'espace (ou de la vingtième dimension, c'est selon ce que vous acceptez de voir et de comprendre) dans une zone que je qualifierai de purgatoire particulièrement hostile.

What the F**k ?

Coté gameplay pour cette version 2000, le constat est un peu amer en début de partie : notre vaisseau est énorme et la hitbox fait l'intégralité du vaisseau ! Les ennemis apparaissent au petit bonheur la chance en plein milieu de l'écran. La lisibilité est limite et le défilement assez sensible apparaît comme incompatible avec notre taille. Impossible d'anticiper les ennemis, si on n'a pas l'oeil sur le radar, même à vitesse modérée. Ainsi lors des premières parties, la confusion régne et la déception pointe le bout de son nez. Le jeu n'a clairement pas la finition d'un Tempest 2000.

Néanmoins, il faut s'accrocher et l'entraînement a du bon. L'habitude aidant et les subtilités intégrées, Defender 2000 a un vif et ardent pouvoir d'addiction, de la même essence que l'on trouvait dans Tempest 2000. Le score monte vite et très haut, les possibilités de le multiplier sont nombreuses et les niveaux s'enchaînent par dizaines (les géniales warp zones pour sauter des niveaux rappellent celles de Tempest 2000).

defender2000_1

Avec toutes les armes, on devient indestructible et passé une à deux heures de jeu, la déception laisse place à un sentiment de surpuissance et de jubilation face à un tel feu d'artifice.

Sur une musique technoïde typique des années 90, les parties s'enchaînent sans problème avec l'envie de goûter encore un peu plus à ce qu'il convient d'appeler une drogue.

Pour finir, je dirai que sauver nos bonshommes a aussi quelque chose de très gratifiant. Defender n'est pas qu'un simple shoot, on ne fait pas que détruire, on vient surtout à la rescousse !

Ne vous fiez pas à son look de shoot SF tout ce qu'il y a de plus sérieux, Defender 2000 est un jeu de hippie. Totalement déroutant, défiant parfois les limites du bon goût, sa difficulté tendue et ses quelques défauts de conception vous ramèneront parfois sur Terre.

Mais pour peu qu'on accepte l'expérience, Defender 2000 délivrera à hautes doses ses vapeurs psychédéliques et réveillera comme jamais des synapses enfouis dans notre cerveau. 

Du pur LSD vidéoludique !

Note_JagNote_JagNote_JagNote_Jag

la fiche du jeu sur AtariAge : https://atariage.com/software_page.php?SoftwareLabelID=1076

Posté par le barbu à 14:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,